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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 06:42

L’Observatoire su Samusocial de Paris vient de rendre public un rapport de 444 pages, appelé  « Enfams : Enfants et familles sans logement personnel en Ile de France »

Cette étude fort sérieuse, documentée part d’un échantillon aléatoire composé au premier trimestre 2013 de 801 familles hébergées en Ile de France.

Il s’agit là de l’hébergement en hôtel social, en centre d’hébergement d’urgence (CHU), de réinsertion sociale (CHRS° ou pour demandeurs d’asile (CADA)

Cet échantillon représente 10 280 familles, donc environ 35 000 personnes.

Ne sont pas comptabilisées des familles en caravanes ou dans d’autres types d’hébergement institutionnels.

Le rapport est édifiant :

 

Une pauvreté importante voire extrême : 80% de cette population vivent sous le seuil de pauvreté ;

Un état de santé inquiétant ;

Des carences alimentaires ;

Une déscolarisation massive  causée par les déménagements fréquents et par des blocages administratifs ;

Un isolement social : les hôtels sont souvent dans des lieux « désertiques »

Des difficultés  pour avoir accès aux distributions alimentaires ….

 

Deux extraits de  la synthèse  sont particulièrement éclairants

 

« La pauvreté des familles se manifeste également au niveau des conditions de vie. La plupart des hébergements collectifs peuvent être considérés, selon les critères d’équipement utilisés dans d’autres enquêtes, comme surpeuplés et privés de confort. Par exemple, dans 21% des cas, il n’est pas possible de cuisiner ni dans les parties privatives ni dans les parties collectives de l’hébergement ; 29% des familles n’ont pas non plus de toilettes ou de douche dans leur chambre. Dernière illustration : 41% des enfants doivent partager le même lit qu’un de leur parent. Enfin, il suffit de rappeler l’interdiction fréquente de recevoir des visites dans la plupart des établissements étudiés pour comprendre ce qui sépare l’hébergement du logement.. »

 

« Cette forte mobilité résidentielle a des répercussions multiples, notamment sur la socialisation des enfants. La non scolarisation des enfants entre 6 et 12 ans, au moins 10 fois plus importante qu’en population générale, est associée à la survenue de déménagement(s) dans l’année écoulée. »

 

Cet hébergement d’urgence dure souvent très longtemps.

Des familles en arrivent à rester neuf ans dans des centres d’hébergement….C’est ce qu’on appelle en France de l’hébergement d’urgence !?

 

Espérons que ce rapport ait une utilité sociale et politique

L’hébergement d’urgence ne devrait durer que quelques jours et les familles accueillies devraient l’être dans des conditions décentes.

Il existe en France des bâtiments vides et libres qu’il suffirait d’aménager et il serait possible d’ouvrir des résidences socialisées comme les foyers de jeunes travailleurs.

Quant au coût financier, il serait moindre que celui actuel.

Rappelons que les chambres d’hôtels coûtent très cher….Quant au coût humain, sanitaire et social de l’hébergement d’urgent actuel, il est à un niveau très élevé.

 

 

Jean-François Chalot

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 21:27

Alain Bentolila, le linguiste qui est venu au salon littéraire de Vaux le Pénil il y a deux ans ne pourra pas venir cette année car il est à l'étranger.

Le titre est étonnant, vous serez vite conquis !

Suite à la présentation de son livre , vous trouverez un large extrait qu'il nous a enoyé pour publication.

Qu'il en soit remercié !

bentolila.jpg

 

 

« Comment sommes-nous

devenus si cons ?

livre d’Alain Bentolila

First éditions

183 pages

Septembre 2014

 

                                               Au-delà de la colère…..

 

Le titre accrocheur est étonnant, venant d’Alain Bentolila, linguiste apprécié.

Il s’agit évidemment d’un titre plein :  dès les premières lignes le lecteur s’aperçoit qu’il possède un

document intéressant, fouillé et argumenté et non un simple manifeste.

L’auteur s’attaque à notre intelligence collective mise en péril, dangereusement par le repli identitaire, l’entre soi  et une certaine paresse intellectuelle qui nous fait « surfer » sur internet, réduire à quelques centaines de mots notre champ lexical.

L’auteur s’en prend aux politiques qui, tentés par le populisme n’argument pas.

Ils masquent  une indigence de pensée en se servant d’une « rhétorique de bazar »

Le trait est dur mais ni grossier, ni proclamatoire.

Alain Bentolila qui est aussi un chercheur s’appuie sur une enquête et une analyse des discours.

Ce n’est pas de l’indignation dont il s’agit mais de  la résistance :

« Il est si facile de s’indigner, surtout lorsqu’on est quelques milliers à scander des slogans sur une place ou sur des réseaux sociaux. Il est infiniment plus difficile de résister en agissant chacun au coin de sa rue ; en construisant chacun pierre après pierre des projets utiles que l’on pourra partager. »

Cela ne veut pas dire que la manifestation est inutile si elle est une continuation d’un travail de terrain.

La culture avec un grand c soit être accessible à tous .

A quoi sert l’école si tout est joué à la naissance comme l’affirme certain.

L’école doit être un lieu de résilience permettant à des enfants-élèves de milieux modestes très modestes, de réussir.

Il faut redonner le goût de l’effort.

L’auteur en appelle à l’intelligence, au refus du faux débat entre « modernistes » et « conservateurs ».

Quant au numérique, s’il n’est pas intégré dans le cadre d’une démarche pédagogique rigoureuse, IL restera un outil gadget.

« ….refusons ce rêve d’une classe dans laquelle chaque élève irait chercher tout seul ses informations au gré de ses désirs, de ses envies ou des tentations qui lui sont proposées » par des moteurs de recherche qui ont leur propre classement par audience et non par rigueur scientifique.

La rigueur, l’écoute de l’autre, l’argumentation grâce à une meilleure maîtrise de la langue comme vecteur d’échange et de co-construction  constituent des outils au service d’une démarche qui rejette la passivité, le communautarisme et une vision « tronquée et stéréotypé » ».

 

Jean-François Chalot

 

Cher ami,

je ne serai pas en France à cette date. désolé!! 

Je suggère ce passage:

 

De mensonges en manipulations, de complaisances en lâchetés, notre intelligence collective se délite jour après jour. Et pendant ce temps là les zélateurs d’une modernité triomphante célèbrent stupidement  l’avènement d’un   « monde nouveau »  assujetti à la proximité et à  l’immédiat, résigné à l’imprécision, soumis au prévisible, abandonné au  consensus mou, séduit par le repli communautaire et dominé par  la peur de l’autre.

Sommes-nous pour autant victimes d’un complot ourdi par des forces obscures décidées à saper les fondements de notre civilisation? Non ! Non ! Rien de tout cela ! Ne cherchons  pas ailleurs qu’en nous même les responsables de cette décadence intellectuelle. Nous avons oublié que, si  nous devons résister à la passivité et à la bêtise, c’est certes   pour nous-mêmes mais surtout pour ceux qui nous survivront. Et c’est donc bien notre peur de regarder plus loin que nous (pas plus haut, plus loin !) qui nous a rendus si complaisants. Tous coupables d’avoir négligé notre premier devoir : transmettre à nos enfants, par l’exemple des combats que nous aurons menés pour le vrai et le beau, le désir de construire un monde meilleur que celui que nous leur aurons laissé.

Nous sommes devenus cons parce que nous avons renoncé à cultiver notre intelligence commune comme on cultive un champ pour nourrir les siens. Oubliés le questionnement ferme, le raisonnement rigoureux, la réfutation exigeante ; toutes activités tenues aujourd’hui pour ringardes et terriblement ennuyeuses, remplacées par le plaisir immédiat,  l’imprécision et la lâcheté. Parents, enseignants, politiques, nous sommes devenus  incapables de défendre les valeurs culturelles, sociales et morales  qui font notre cohérence et nous leur avons préféré les apparences identitaires,  filles de  l’entre soi. Ne nous trompons pas d’ennemi ! Ce n’est certainement pas la diversité culturelle que nous devons combattre, c’est le danger d’une véritable « consomption culturelle » que nous devons affronter ; celle qui verra nos mémoires vides errer sans but dans un désert aride.  Cette bataille c’est la  seule qui compte parce qu’elle ne se livre pas contre d’autres groupes, contre d’autres communautés mais avec tous ceux qui, sans se renier, acceptent de construire ensemble le sens  de ce qui les unit.

Du « à quoi bon ! »   au « après moi le déluge ! » il n’y a qu’un pas que nous franchissons chaque jour allègrement en nous vautrant dans la prévisibilité d’un audiovisuel débile, en nous abandonnons à l’aléatoire dangereux du web,  en acceptant que notre école devienne une machine de reproduction sociale, en tolérant que nos politiques insultent quotidiennement notre intelligence, enfin en laissant abîmer le sacré jusqu’à en faire un masque hideux. Et nous   livrons ainsi nos propres enfants à l’inculture et aux ombres trompeuses.

A ceux qui sont contraints de confier trop tôt leurs tout petits à l’institution sans oser se poser la question essentielle  de l’attachement ; à ces jeunes livrés à un monde dangereux sans qu’on leur ait donné la formation   intellectuelle nécessaire pour en dénoncer les mensonges ;  à ceux qui, cachés derrière leur écran, n’osent plus regarder l’Autre dans les yeux ; à ceux qui , prisonniers de l’entre-soi,  sont terrorisés par l’inconnu et exaspérés par le différent ; à ceux que l’hypocrisie ,  la bêtise et la barbarie ont détourné de  l’idée même du spirituel; enfin, à tous  « ceux que l’on foule au pied » . A tous, ce livre est dédié !

 

 

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 08:39

allocs.jpg

 

 

Après l’annonce faite d’une réduction importante effective de la durée du congé parental et l’escroquerie qui consiste pour le gouvernement à dire qu’il s’agit de favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes, voici un train de nouvelles mesures de régression sociale.

A partir du deuxième enfant, la prime de naissance qui s’élevait à 923 euros va être divisée par trois.

Pour beaucoup de familles de milieux modestes, cette somme allouée représentait une aide substantielle.

D’un côté le pacte de responsabilité allège les cotisations sociales des entreprises sans contre- partie  quant à l’emploi et de l’autre les plus humbles sont ceux qui sont sacrifiés.

Le complément de mode de garde versé aux parents qui emploient une nourrice à domicile ou une assistante maternelle va être réduit pour les familles les plus aisées.

Quelles sont donc ces familles ? A partir de quel niveau est-on aisé ?

Encore une fois, le gouvernement qui a réduit le budget d’action sociale de la CNAF, remettant en cause la  convention d’objectifs qui liait celle-ci à l’Etat modifie et dénature, brutalement, sans évaluation ni concertation, un dispositif conventionnel.

Pour compléter le tableau bien noir pour les familles, la majoration d’allocations familiales versée pour un enfant atteignant 14 ans est supprimée….Il faudra attendre que cet enfant atteigne les 16 ans.

Mais jusqu’où iront-ils ?

Le gouvernement veut aller vite, très vite.

Comme l’écrit l’UNAF dans un communiqué publié ce jour :

«  la loi s’applique à partir du 1er octobre : imaginez la situation des parents qui attendent un enfant et qui ne savent toujours rien des modalités exactes de ce dispositif, ni quelle sera la durée d’obligation de partage. Accueillir des enfants, c’est se projeter sur 20 ans, aujourd’hui, elles ne peuvent même pas se projeter à 2 jours ! »

 

C’est une remise en cause d’une politique familiale et sociale au nom de l’austérité.

C’est inacceptable !

 

Jean-François Chalot et Patrice Théveny

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 08:58

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Un salarié, quel que soit son sexe peut prendre un congé parental d’éducation

« Pendant le congé, le salarié n'est pas rémunéré par son employeur pour la période non travaillée, sauf si des dispositions conventionnelles ou collectives le prévoient.

En revanche, il peut percevoir de la part de la Caf , sous conditions, les allocations suivantes :

l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje),

et, soit le complément de libre choix d'activité (CLCA), soit le complément optionnel de libre choix d'activité (Colca) (s'il choisit cette formule et qu'il a au moins 3 enfants).

La plupart du temps ce congé est pris par la mère et non par le père. »

La loi votée  le 23 juillet a prévu que les parents qui ont droit à six mois de congé pourront obtenir six mois de plus si c’est le second parent qui en est le bénéficiaire.

Cette décision peut être saluée car il s’agit de maintenir l’acquis des six mois  et d’inciter les pères qui prennent peu ce congé à le demander

 Cette  loi  prévoit que la durée maximale du congé soit toujours de trois ans à partir de deux enfants à condition que six mois soient pris par le second parent.

Il y a là une remise en cause d’un acquis. La loi ne donne pas un droit supplémentaire soumis à condition mais en retire un.

Le gouvernement envisagerait pour réaliser des économies budgétaires, à la sécurité sociale et à sa branche familles de raccourcir ce congé parental à 18 mois.

Des économies de 300 à 400 millions pourraient être ainsi réalisées.

D’après le Parisien, le gouvernement serait prêt à couper la « poire en deux » « en accordant un an et demi de congé à chacun des parents »

C’est une régression sociale, une remise en cause programmée d’un acquis.

Des parents ne pourront pas pour des raisons personnelles, de choix ou professionnelles partager ce congé en deux.

La loi doit- elle décider pour eux ?

Poser la question c’est y répondre : NON

Le libre choix doit rester aux parents donc ce projet de régression doit être abandonné pour en revenir à la situation antérieure.


 

Jean-François Chalot et Patrice Théveny

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 21:49

affiche-Salon

 

 

 

Je viens de recevoir le livre de Guy Alamarguy.

 

C’est un écrivain seine et marnais qui, intéressé par le salon littéraire de Vaux le Pénil m’a adressé un exemplaire du roman qu’il vient de faire éditer.

Tout de suite j’ai été conquis, enthousiaste et je suis resté « collé » à l’œuvre de la première à la dernière page.

J’en ai lu des livres, de toutes sortes, sur tous les thèmes mais un comme celui-là jamais.

C’est un chef d’œuvre, du moins c’est mon avis.

 

Le salon littéraire organisé chaque année à Vaux le Pénil le deuxième dimanche d’octobre, le 12 octobre cette année est l’occasion pour les nouveaux écrivains ou pour ceux qui n’ont pas les têtes de gondole de se faire connaître, de présenter leurs œuvres et de rencontrer le public.

Guy Alarmarguy sera des nôtres au salon littéraire de Vaux le Pénil.

requiem photo

« Requiem pour l’Angèle »

Roman de Guy Alamarguy

Edition : Prem’édit 77

266 pages

Juillet 2014

17 €

 

                                               Beau, sensible et émouvant.

 

L’Angèle, vieille dame vient de mourir. De fait, elle s’est donné la mort.

Se sentait-elle diminuée, « inutile », abandonnée après avoir été pendant des années une femme active, pauvre et généreuse ?

Le p’tit, son petit fils préféré, aujourd’hui instituteur à la retraite revient sur sa petite enfance et son enfance, accompagnées et soutenues par sa mémé, celle que tout le village creusois appelait avec respect et chaleur : l’Angèle.

Pierre Sétra, le p’tit est né pauvre dans une famille nombreuse, où père et mère faisaient le maximum pour bien élever leurs enfants malgré les difficultés de la vie.

Angèle est là, comme le guide, le tuteur du p’tit. Elle l’encourage, le protège de près et de loin.

L’essentiel de l’histoire se déroule au milieu et à la fin des années 50, voire au début de la décennie suivante.

La vie est difficile, rude mais dans ces villages de la Creuse et d’ailleurs, il existe la rigueur de la vie mais aussi la solidarité et l’amitié.

Ceux et celles qui ont vécu cette époque se reconnaîtront en partie, en classe, autour de l’école, à la fête foraine ou à la foire dans ce village où tout le monde se connaît, dans cette école publique, où le maître et les élèves se fixent le même objectif.

Les descriptions des paysages, des saisons sont écrites avec des palettes de couleurs et la poésie est présente du début jusqu’à la fin.

J’ai aimé, même adoré ce livre ….Les phrases s’enchaînent, tout est mouvement, tout est couleur et le lecteur a l’impression que l’auteur a voulu construire son livre comme un peintre de talent compose son tableau.

Le p’tit et sa mémé sont indispensables l’un à l’autre :

«  Côte à côte. Main dans la main. Moi, culotte courte. Chemisette. Bretelles par-dessus. Cheveux en brosse sous le béret noir. Pas un pli ne dépasse. Sourcils froncés. Elle, droite, digne, visage soucieux, quelques rides, s’imprègne du soleil levant dans cette campagne qu’elle connaît sur le bout des doigts. Bottes en caoutchouc. Blouse à carreaux. Petites lunettes rondes. Cabas à la main. »

Qui a dit qu’une phrase devait au moins avoir un verbe ? Certaines phrases dans ce roman n’en possèdent pas, et pourtant le texte, bien construit, fluide  au possible nous ravit.

 

Jean-François Chalot

 

VOICI UN EXTRAIT PUBLIE AVEC L'ACCORD DE L'AUTEUR

Extrait de « Requiem pour l’Angèle » roman de Guy Alamarguy : pages 151-152-153

 

À l’armistice, le onze novembre mille neuf cent dix-huit, la quasi-totalité des familles du peuple français a été touchée par la mort d’un ou plusieurs proches. Le principe de filiation a été brisé. Pépé Georges a sans doute été un des rares à échapper à cette guerre exterminatrice. Son infirmité, qui a été pour lui un lourd fardeau, lui a sûrement sauvé la vie. Il a été reformé. Pas d’emblée ! Non. Il a quand même été appelé, au début de la guerre, à Guéret, à la caserne des Augustins. Il y est resté dix-sept jours avec pour mission des permissions de promenade dans la ville. À chacune d’elles, un gradé le suivait pour être sûr qu’il ne simulait pas son infirmité. Pépé Georges n’a pas fait la guerre. Il n’est pas mort à la guerre. Il s’est marié. Il a élevé une famille de quatre enfants.  La paix, c’est la vie tranquille, comme celle que pépé Georges et mémé Marie ont menée au cours de ce siècle. Ne peut-on pas laisser le peuple vivre en paix ? Est-ce lui qui doit toujours payer de sa vie, les intérêts de la grande bourgeoisie !

La guerre ! La guerre ! N’est-ce pas l’enfer ? La guerre de 14-18 a massacré tant d’innocents. Les soldats, masse hurlante à l’assaut des tranchées lancés baïonnette au canon, tiraient à l’aveuglette au milieu de l’horreur. Le sang giclait, les tripes et les boyaux se répandaient dans un amoncellement de cadavres aux entrailles dévorées de rats noirs, tas de chairs informes. Anonymes. Odeurs de poudre et de charogne. Odeurs de sang. Odeurs fétides de la mort. Corps mutilés. Cous béants égorgés. Crânes ouverts d’où dégoulinait la cervelle. Râles des agonisants. Râles interminables.

On leur avait fait croire qu’ils seraient de retour chez eux trois mois plus tard, qu’il fallait reprendre l’Alsace et la Lorraine, qu’il fallait se venger de l’affront de 70-71. L’école, les instituteurs de la république bourgeoise de Jules Ferry, les cathos, avaient exacerbé le sentiment patriotique de la jeunesse des campagnes. J’entends les mots d’André Duprat jaillir de son livre « Un pas de croix »,      

«  Certains aiguisent les signes de croix

Sur les poitrines de la génération montante

En vue d’une revanche à trancher. »

Parmi les morts, peu de gradés, mais le peuple, envoyé à la boucherie. Une guerre de masse. Aucun conflit jusqu’à ce jour n’avait provoqué autant de morts : près de neuf cents Français, et autant d’Allemands tués par jour, pendant plus de quatre ans. Guerre industrielle : disparition des corps déchiquetés par les obus et les canons. Guerre chimique véritable laboratoire : l’ypérite anéantissant les vies humaines dans d’atroces convulsions. Martyrs ! Borgnes, cul-de-jatte, amputés, écrabouillés, gueules cassées, charcutés, gazés. Morts ! Noms gravés sur les monuments. Morts aux champs d’horreur… Victimes de la tyrannie et de l’hystérie bourgeoise !

Poilus ! Rescapés ! Quelques rescapés des tranchées assassines, je respecte votre silence, votre deuil. Votre souffrance intime refoulée, enfermée. Victimes aussi.

Quand rendrons-nous justice au million de morts dans les tranchées et dans les combats au corps à corps ? Quand reconnaîtrons-nous le génocide parmi la longue liste de ce siècle : l’Arménie, la Shoa, le Rwanda, l’Europe centrale, la Tchétchénie et autres goulags de toutes sortes, sans oublier Hiroshima ?

Le vingtième siècle, siècle monstrueux, siècle de barbares, siècle de carnages. Nous en souviendrons-nous, à l’aube du vingt et unième siècle !

  Félix est mort à la guerre de 39-45, pour sauver ses camarades. Il laissait l’Angèle dans la solitude et le désarroi. Elle avait vu les draps blancs flotter dans le ciel, le jour de la mort de Félix.

 « Ah ! Si seulement avec une goutte de poésie et d’amour nous pouvions apaiser la haine du monde, » écrivait Pablo Neruda en mars 1939.

 

 


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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 06:42

  Une nouvelle activité proposée par Familles Laïques de Vaux le Pénil grâce à Maryse qui offre ses services.

 Testée avant l'été, ces séances de relaxation prennent leur marques et ont trouvé un nouveau lieu plus pratique, plus fonctionnel.

 Comme pour tous nos autres ateliers, il suffit d'être adhérent à notre association pour y accéder, dans le limite des places disponibles.

  N'hésitez pas à venir faire l'expérience. Merci à toi Maryse.

Patrice THEVENY.

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Épuisement, fatigue, mauvaismoral,malchance, perte d'énergie, stress ?

 

 

Venez apprendre à lâcher vos tensions


à vous ressourcer


à créer votre chance


à faire le plein de dynamisme

 

 

 

au cours gratuit de


relaxation active


Tous les vendredis de :

 

12h15 à 13h30

 

    Salle Fréteau de Pény

Communs du Château

(aile gauche - 1er étage)

Avenue de la Libération 

 

    à Vaux Le Pénil 


images

 

 

Veuillez apporter tapis de sol, coussin et couverture

 

pour plus d'informations

 

contactez-moi au    06 10 87 94 19                            Maryse Rodriguez

 

ou par mail : garance.relax@voila.fr

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 20:47

Le-naufrage-de-Kabylie-image-1.jpg

 

Le naufragé de Kabylie

Novembre 1942 »

Roman de Claude Plocieniak

Edition et collection

Jeunesse L’Harmattan

 

                                                               De la poésie en prose

 

Ce livre c’est de la musique et de la poésie en prose.

L’auteure nous conte une rencontre entre un homme venu de la mer pour s’échouer dans un pays de rêve et une jeune fille.

D’où vient-il, Que fait-il ici en Kabylie alors que la guerre fait rage et qu’on attend un débarquement américain dans un pays contrôlé par l’occupant nazi ?

Est-ce un voyageur ?, un résistant ou un évadé ?

La jeunesse fille, son oncle et sa tante accueillent le naufragé, l’interrogent sur son identité.

Il ne sait qui il est et ce qu’il fait….mais il est au paradis ici et se sent en sécurité affective et même physique.

Le naufragé et sa jeune hôte se promènent sur la plage et tout autour, ils font attention à ne pas se faire repérer tout en respirant l’air embaumé et en se laissant caresser par le soleil splendide.

Des images et des flashs qui «transpercent » l’homme « comme des éclairs » sont bien là mais c’est encore insuffisant pour lui permettre de recouvrer la mémoire….Il avait été trouvé inanimé, très fatigué, meurtri et même blessé. Il faut du temps au temps.

Il est là, ils sont là et rien que l’instant est à goûter et à déguster :

« J’aime cette heure où l’imaginaire et le réel s’entremêlent et se fondent dans les lumières les plus extravagantes, les plus exquises, les plus folles. La durée n’existe plus…Tout meurt et tout renaît sous l’impulsion ardente des derniers rayons crépusculaires. »

L’homme est à la merci du danger, il risque sa peau, la jeune fille prend des risques, mais qu’importe : ils sont bien et nous aussi…Le lecteur ne perd pas une miette de la beauté du texte.

 

Jean-François Chalot

 

 

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 06:03

Affiche-Le-dernier-soir-de-Jaures.jpg

 

 

 

La Compagnie du Géant noir et Manivelle Production présentent :

avec le soutien de la ville de Vaux-le-Pénil et de l’association CDAFAL 77 Familles laïques

 

Le dernier soir de Jaurès – lecture

 

Mardi 7 octobre, 19h00, Petit théâtre de la Ferme des Jeux, Vaux-le-Pénil

(générale, seulement sur invitation)

 

 jeudi 9 octobre, 10h30, lycée Simone Signoret

et dimanche 12 octobre, 15h30 ,

Petit théâtre de la Ferme des Jeux


Jean Jaurès, le Grand Jaurès, tel qu’en lui-même… Penché à la tribune de l’Assemblée Nationale, défendant avec passion la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat.  Apostrophant Aristide Briand pour sa politique antisyndicale : « Pas vous ou pas ça ! » Fondateur de l’Humanité, artisan de l’unification socialiste, dreyfusard intransigeant, écoutons-le : « Dreyfus n’est plus ni un officier ni un bourgeois : il est dépouillé, par l’excès même du malheur, de tout caractère de classe; il n’est plus que l’humanité elle-même, au plus haut degré de misère et de désespoir qu’on puisse imaginer ».

Comme au soir du 30 juillet 1914, quelques jours avant la déclaration de guerre et à la veille de l’assassinat du député de Carmaux, Thierry Bilisko, accompagné de Laure Le Monnier au violoncelle, fait la lecture, en forme de bilan, des principaux discours de Jaurès, les plus essentiels, ceux que l’on retiendra de lui, notamment ses combats pour la justice et la paix. Avant qu’un vilain coup de feu n’éclate…

Avec Thierry Bilisko et Laure Le Monnier

Textes de Jean Jaurès

Collaboration historique : Marie-France Montel

Mise en espace : Jean-Christophe Pagès

 

Attention ! Nombre de places limité.

Merci de bien vouloir confirmer votre participation à : compagniedugeantnoir@gmail.com

 

(en indiquant le nombre de places svp)

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 09:13

LA  LIGUE DES DROITS DE  L'HOMME

SECTION DE MELUN

ET LE CERCLE ARTHUR CHAUSSY

 logo-LDH

VOUS  INVITENT À LA CONFÉRENCE DÉBAT

Le 25 septembre 2014, à 20h30,

 

Espace Saint -Jean, place Saint-Jean, 77000 Melun

 

 

LA PRISON ET SES ALTERNATIVES

ENJEUX ET PERSPECTIVES

DE LA RÉFORME « TAUBIRA »

 images

Animée par François Korber,

délégué général de 1'association « Robin des lois),

téléchargement 

François Korber défend, inlassablement, la cause des personnes détenues et leurfamille.

Il les accompagne de ses conseils juridiques et combat pour les droits  del'Homme en prison

(accès réel au droit  de vote,  à la télévision, à Internet, à la réinsertion par letravail...)

 

PRÉSENTATION DU FILM « Le DÉMÉNAGEMENT» DE

CATHERINE RECHARD

Ce film donne la parole, à visage découvert, aux personnes incarcérées

à l'occasion du transfert d'un établissement pénitentiaire ancien,

géré par l'administration, vers un établissement moderne, en gestion  mixte

avec des sociétés privées.

 

Présentation de l'état des prisons aujourd'hui

et des alternatives à l'incarcération.

 

ENTRÉE LIBRE

 

 

 LIGUE: DROITS DE L'HOMME

Ligue.sectionmelun@gmail.corn

 

CERCLE ARTHUR CHAUSSY

Cercle.arthurchaussy@laposte.net

http://www.arthur-chaussy.fr

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 08:00

imagblogvlp.jpgDéjeuner débat :

Durant le salon littéraire de Vaux Le Pénil

Dimanche 12 Octobre à 12h30

Au restaurant L’Artiste à la Ferme des Jeux à Vaux le Pénil

1914: Jaurès pouvait-il éviter la guerre ?

Avec Pierre CLAVILIER, historien, auteur du livre

 

Jaurès un éveilleur de conscience.

Organisé par Familles Laïques de VLP

et l’Association de la Ferme des Jeux

 

 

Inscrivez-vous !

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  • familles-laiques-de-vaux-le-penil.over-blog.com
  • C'est une association familiale laïque qui lie le combat social et le combat laïque
Son projet associatif s'inscrit dans le PAL ( prestation d'animation locale) et le PAL Vaux le Pénil est adhérent à la Fédération des Centres Sociaux 77
  • C'est une association familiale laïque qui lie le combat social et le combat laïque Son projet associatif s'inscrit dans le PAL ( prestation d'animation locale) et le PAL Vaux le Pénil est adhérent à la Fédération des Centres Sociaux 77

AGENDA

 

 

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PROCHAINES PERMANENCES "INFO DETTE"

  à VAUX LE PÉNIL

 

 Vendredi 10 février 2023

 Vendredi 10 mars 2023

sur rendez-vous au 

09 75 38 81 13 

 

    Affiche surrendetement RVB    

 

Sinon, toute l'année,  il y a des permanences hebdomadaires à 

 Melun, Dammarie, Le Mée, St Fargeau-Ponthierry, Moissy Cramayel.....

Renseignez vous auprès de notre secrétariat !

Qui sommes nous ?

Association fondée sur le principe de la laïcité,

intervenant dans tous les domaines

 où l'intérêt des familles est concerné.

     logo rose afl

Animée uniquement par des bénévoles, l'association propose différentes actions telles que : Accompagnement scolaire, alphabétisation, info dettes, écoute et soutien des familles, écrivains publics, informatique, échanges de savoir-faire. 

 

Surtout n'hésitez pas à nous laisser des commentaires en utilisant le lien en dessous de chaque article De même, lisez les commentaires, ils vous en inspireront peut-être d'autres Notre PAL est subventionné par la Caisse d'Allocations Familiales 77 et le Conseil Régional d'Ile de France