Que de mensonges!
Lequel d'entre vous n'a jamais entendu ces préjugés,
ces stéréotypes, répandus sur la pauvreté et les pauvres.
1°. « La France distribue des minima-sociaux élevés !» :
Faux : la France est dans la moyenne européenne. Le montant des minima-sociaux pour une famille de deux enfants s'élève à 72 % du seuil de pauvreté, alors qu'il est en moyenne de 76 % dans l'Union E.U (source OCDE). Par ailleurs, leurs montants progressent moins d'année en année que l'ensemble des revenus.
En 1988, le R.M.I équivalait à 50 % du SMIC.
En 2012, son remplaçant, le RSA «socle» est de 42 % (466 € pour une personne seule).
2°. «Il n'y a pas d'argent dans les caisses pour augmenter les minima-sociaux !» :
Faux , une part (la moitié seulement ) des 7,5 milliards d'euros prévus pour le RSA a été effectivement dépensée, faute des «non-recours», en raison de la complexité des dossiers.
3°.«Les gens font tout pour toucher le maximum d'aides sociales !» :
Faux : La moitié des personnes éligibles au RSA n'en fait pas la demande (à cause de la complexité des dossiers des non-recours)
– 1,5 million de personnes sur 6 millions de bénéficiaires potentiels ne disposent pas de la C.M.U. Une étude sur les fonds de la CMU estimait en 2010 que les «non-recours» étaient évalués à 20 % Pour l'aide à l'acquisition Santé (A.G.S ) le taux de «non-recours» est de 80 %, la cause?
La complexité des démarches, le manque d'information , la pudeur à demander de l'aide publique ...
Résultat : un nombre croissant de personnes renonce aux soins, pour raisons financières .
4°. « Le pouvoir d'achat moyen des français a augmenté entre 2007 et 2012 ! »
Les gros salaires OUI , mais pas les revenus les plus modestes, bien au contraire ! La situation s'aggrave !
De 1992 à 2006, les dépenses incompressibles sont passées de 52 % à 74% de leur budget, selon le Secours Populaire : «Se chauffer devient un luxe pour des millions de personnes». 3,4 millions de personnes subissent la précarité énergétique . Le prix du gaz a augmenté de 50% environ depuis 2004, auquel s'ajoute la hausse des prix alimentaires, et cela continue.
Il faut que cela s'arrête!
5°. «Les pauvres ne veulent plus travailler !»:
Faux : l'enquête sur l'influence des incitations financières sur le retour à l'emploi des minima-sociaux, menée en 2009 par la Direction Générale du Trésor, montre que la valeur accordée au travail et à la volonté d'assurer le meilleur avenir possible, conduisent la plupart des demandeurs d'emploi à accepter un travail immédiat même avec gains financiers, non à la hauteur du poste occupé. Les principaux freins évoqués sont : le manque d'offres d'emplois, l'absence de moyen de transport, des formations mal adaptées et bien souvent sans issues professionnelles.
Un manque de niveau de base d'enseignement est aussi un handicap majeur : un enfant sur 5 sort du système scolaire sans diplôme !
6°. «On construit assez de logements sociaux!» :
Faux également. Si la construction a progressé régulièrement jusqu'en 2007, depuis elle s'est effondrée : 330.000 logements commencés en 2009 contre 450.000 en 2007.
On estime que le niveau du déficit va très bientôt atteindre le niveau du million ou plus.
Un drame lorsque l'on sait que l'absence de logements stables provoque des ruptures durables dans les domaines de l'emploi, la santé, la scolarité.
Dans l'ensemble les nouvelles constructions de logements sociaux, bon nombre ne sont accessibles qu'aux revenus moyens, nombre en progression au détriment bas revenus (fondation Abbé Pierre)
7°. «Les pauvres sont des fraudeurs!» :
Faux : La fraude aux prestations sociales est évaluée à environ : 3 milliards d'euros et concernerait 1% des particuliers (Cours des comptes), 90% de ces 3 milliards sont récupérés par la C.N.A.F.
La C.N.A.F estime le taux de fraude à 0,46% pour les prestations familiales, 31% pour l'API (Allocation Parent Isolé), 3,6% pour le RMI-RSA (source AFP, 29 avril 2010).
A comparer avec:
-
La fraude aux prélèvements sociaux, estimée entre 8 et 12 milliards d'euros et qui concernerait 10 % des entreprises (source Conseil des prélèvements obligatoires en 2007)
-
La fraude fiscale en France: entre 20 et 25 milliards €, 30 milliards € (direction du budget) . 50 milliards € (commission Européenne)
Qui sont les fraudeurs ?
De qui se moque-t-on ?
Un chômage en hausse, un pouvoir d'achat en perte de vitesse.
Une TVA en hausse, des patrons fripouilles, et surtout un état hors la loi, exemple :
- La commission pour le Droit au logement opposable rend des décisions de «relogement d'urgence prioritaire» engageant ainsi la responsabilité de l'Etat
- Ne tenant pas compte de ces décisions avalisées par l'Etat et la Justice, certains préfets procèdent à des expulsions sans relogement (rapport DALO.2011)
Le nombre de SDF en France augmente chaque jour, saturant les chambres d'Hôtel, (les plus minables), les habitats de fortunes (cabanes, squats, box de garage etc...)
Une augmentation évaluée à 400% entre 1999-2009 et toujours en hausse.
Les centres d'hébergements sont saturés, l'hébergement chez un particulier mal vu des bailleurs éventuels, le 115 saturé lui aussi, ne peut faire face aux appels au secours!
Il faut que cela change!
Le combat sera dur face à la progression actuelle des intolérances diverses et du totalitarisme de l'argent.
La précarité se durcit. La défiance grandit. Notre démocratie est en danger si elle n'est revivifiée. Pour cela, elle a besoin de la réflexion de tous.
Mobilisons nous : particuliers, familles, associations caritatives et autres.
Il faut donner les moyens à l'état les moyens de «redresser la barre et éviter le naufrage».
Tous et toutes nous avons le devoir de nous battre pour la dignité de l'homme,
la défense des familles dans la Liberté, l'Égalité, la Fraternité !
Jean METREAU
sources: Fondation Abbé Pierre – AID-Quart Monde – Secours Populaire
O.C.D.E – Direction Générale du Trésor – Cours des comptes
Direction du budget – Commission E.U- AFP – Commission D.A.L.O
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