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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 08:04

 

Après le texte d'Alain Bentolila sur "qu'est ce que lire" voici la contribution de Laurent OTT
que le débat se poursuive !
 
 
 
 

Pratiques et tendances actuelles en éducation:
L'école et l'apprentissage du non pouvoir sur sa vie   


Quand on pense à l'école, surtout actuelle, on est d'abord frappé par ce retour de l'autoritarisme, de la surveillance et de la pénalisation qui semble ne jamais vouloir en finir.enfant.JPG

En effet, le processus paraît interminable, qui, de faits divers soigneusement sélectionnés et médiatisés, amènent sans cesse à l'annonce du durcissement de la surveillance et de la pénalisation dans les établissements scolaires ; rien que cette année, on ne compte pas les textes  et réformes qui se sont accumulés pour réduire les droits des enfants à l'école (textes sur les délits d'intrusion, mise ne place de portillons électroniques, équipes mobiles de sécurité, annonce de formation à la sécurité pour les enseignants).

Dans un premier temps, on peut donc souligner l'apprentissage du pouvoir à l'école comme une tendance à rencontrer le pouvoir des institutions, sous forme de pénalisation et de surveillance des comportements.  L'école filtre, l'école surveille ; depuis des décennies, d'abord avec Vigipirate, d'une façon bien plus marquée avec les caméras de surveillance à venir, les policiers référents, etc.  

L'école surveille, l'école intimide, l'école impose ; elle emploie toute son énergie à maintenir à l'extérieur tout ce qu'elle refuse de voir ou prendre en compte : le quartier, la cité, les parents, les problèmes psychologiques, personnels, affectifs, sociaux et politiques ;  elle espère compter dans cette voie, sur l'assentiment au moins passif des enseignants qui peuvent, faussement, se sentir rassurés d'autant de protections, sans songer que ce besoin de protection vient justement signer la perte de leur reconnaissance.


Mais  le gouvernement souhaite doter l'école d'encore plus de pouvoirs et d'en faire en quelque sorte le fer de lance d'une ambitieuse politique, non pas d'éducation, mais de surveillance des populations. C'est bien dans ce sens qu'il faut interpréter la nouveauté et l'importance d'un fichier comme Base Elèves ; ce fichier est en effet radicalement nouveau et dangereux en ce sens qu'il est centralisé (même si sa gestion est académique) et qu'il fonctionne sur le principe de la dépossession de l'information sur les enfants et les familles ; ce ne sont en effet plus les enseignants, ni même l'école 'comme établissement qui détiennent les données d'informations nécessaires sur les élèves et leurs familles mais les fichiers centralisés qui font désormais référence. Pire le personnel enseignant, le plus proche de l'élève ne gère aucune donnée, mais « informe » un fichier central » qu'il ne lui restera plus qu'à « solliciter » pour connaître, celui qui est en face de lui. L'information devient donc « descendante » et échappe désormais au contrôle et à la gestion des acteurs réels de l'école (les parents, les enfants et enseignants).

Bien entendu, la vocation de ce fichier est d'être évolutible et partageable - notamment avec les collectivités locales ce qui le rend à terme, extrêmement dangereux, même si à l'état actuel (pour rassurer l'opinion publique) il est réduit à très peu d'informations.
 
L'école ? en tant qu'institution cette fois prend donc sur les familles un réel pouvoir d'information ; elle les capte, les contrôle et peut les utiliser à tout moment contre elles ; les modifications apportées récemment à la loi de 2007, annoncées par Sarkozy, pour rendre « enfin » effectives les retenues sur les allocations familiales des parents « défaillants » montrent bien cette nouvelle mission dorénavant confiée à l'Education Nationale : ce sont les Inspecteurs d'Académie qui pourront directement saisir le Préfet pour suspendre le versement des allocations familiales en cas d'absentéisme.
 
L'école affirme son pouvoir et son autorité, mais pourtant  au même moment jamais les enseignants n'ont paru manquer autant de liberté qu'aujourd'hui ; prisonniers de programmes de plus en plus astreignants,  d'injonction s concernant également les procédures, les méthodes et les partitions horaires, les enseignants, comme les enfants, disposent également de mois en moins de temps ; l'importance prise par l'évalution qui s'est démultipliée à tous les niveaux clefs, est telle que cette évaluation devient en quelque sorte une nouvelle gouvernance ; par leur centralité officialisée, les statistiques qu'elles permettent sur les classes, les niveaux, les comparaisons entre enfants, dans et hors les établissements, ces évaluations impactent maintenant non seulement les élèves  mais aussi les enseignants et les établissements dont l'image est dorénavant contrôlée à partir de critères extérieurs ; du coup, l'évaluation en France, du rang d'outil, devient l'objectif essentiel du travail scolaire ; il est vraisemblable que cette tendance actuelle aille encore s'accentuer dans les années à venir : la préparation aux évaluations va prendre la place des véritables enseignements et apprentissages qui seraient utiles et importants.
 
Le pouvoir de l'école échappe ainsi à ses acteurs ; bien  entendu, les parents sont encore particulièrement visés ; certes, les réformes récentes « d'assouplissement de la carte scolaire »  et d'autre mesures invoquent sans arrêt  l'objectif d'augmenter  « la liberté de choix des parents » ; de même l'école est volontiers présentée aux parents comme un « service », ce qui suppose (comme pour tout service) qu'on puisse s'en plaindre, ou faire jouer la concurrence. Les parents, non pas acteurs, mais « usagers » d'école, sont ainsi encouragés à la conflictualité permanente avec les enseignants et les administrations ; ils ne gagnent dans la réalité aucune liberté parce que d'une part, les forces en présence sont évidemment inégales et ce ne sont que les parents les plus favorisés qui peuvent réellement construire ou trouver des alternatives pour leurs enfants. Pour les autres, la liberté de « choix » s'avère n'être qu'un leurre, une illusion ; ce n'est pas étonnant, tout choix est justement par définition le contraire de la liberté, car le choix suppose de la passivité vis à vis d'options définies ailleurs et hors de notre portée ou de notre possibilité d'agir.
 
L'apprentissage du pouvoir que constitue l'expérience scolaire,  démontre aux parents et particulièrement aux parents pauvres, l'infériorité de leur posture vis à vis des institutions ; ce sont elles qui définissent et commandent leurs interventions, et déterminent l'étendue de leur participation ; dans le cas des enfants en difficulté scolaire, qui relèvent désormais tous de la législation sur le « handicap » (loi de 2005), les parents deviennent signataires de contrats qui les engagent à trouver des solutions à de multiples problèmes ; à eux de coordonner les aides, de faire le taxi , de financer des déplacements , des accompagnements, de répondre présents à de nombreuses convocations ; et évidemment pour tout cela il n'est tenu quasiment pas compte de leur propre réalité sociale (obligations de travail, temps de transport, moyens financiers, absence de mutuelle, manque de disponibilité, fatigue, séparations, conflits, maladie ou handicap des parents)  sauf si cette réalité peut être invoquée à leur encontre pour stigmatiser leur « manque de disponibilité » ou bien la faiblesse du cadre éducatif qu'ils peuvent offrir à leurs enfants.
 
L'expérience scolaire constitue ainsi curieusement une expérience de dépossession de tout pouvoir pour tous les acteurs qui devraient justement en avoir à l'école : les parents, les enfants et les enseignants. Il semble qu'aux uns comme aux autres, la tendance lourde actuelle dénie toute liberté et que ce déni constitue une condition commune que le pouvoir cherche à dissimuler ; on préfèrera dans les médias, par exemple, expliquer la perte de liberté d'un groupe par l'abus d'un autre. Ainsi si les enseignants ne  se sentent pas libres d'enseigner comme ils le souhaitent, ce serait la faute aux élèves, qui abusent, dont le comportement serait inacceptable. En bref, les élèves auraient trop de libertés'  On retrouve bien ici cette vielle conception bourgeoise et individuelle de la liberté qui ne peut se représenter la liberté des uns que CONTRE celle des autres.
Cela fonction évidemment tout aussi bien entre les   parents et enseignants ; aux uns et aux autres, on fait ressentir que la limitation de liberté de l'autre groupe pourrait accroître celle de son groupe. Bien entendu, il n'en est rien.  Toutes ces libertés ou plutôt tous ces dénis de liberté sont solidaires et la régression  des uns entraine la chute des autres.
 
L'école n'apprend pas le pouvoir mais son renoncement ; tout à l'école nous pousse à la dépossession de tout pouvoir d'agir. Le climat de peur de tout risque qui s'installe, soigneusement entretenu encourage à limiter au maximum les déplacements, l'expérimentation, la responsabilisation, l'autonomie et l'apprentissage du risque par les enfants.  Ainsi les initiatives s'autocensurent, les projets se formatent selon des modèles « standard » et sans valeur.
 
Tout concourt à encourager les parents à se cantonner hors de l'école et à guetter la faute, le litige, la procédure.
Tout concourt à refuser à l'enfant une éducation digne de ce nom et à le laisser vivre dans la plus grande solitude, à l'extérieur de l'école, et sous forme de dangers les expériences dont il a besoin et qu'on lui refuse.
 
Face à la dépossession du temps de l'école par les programmes et l'évaluation, de son espace par les mesures sécuritaires et de soi disant protection et contrôle des personnes, il existe pourtant une autre voie  qui se proposerait de donner du pouvoir aux acteurs.
 
Il s'agit évidemment d'en passer d'abord par la réappropriation de l'école, de son espace et de son temps.   C'est un acte fondateur qui permet d'affirmer des libertés nouvelles ; cette école est à nous, à tous ces acteurs ; il nous revient à nous de l'organiser et de lui donner vie. Ce temps, cet espace, nous allons nous donner le pouvoir de les aménager pour les mettre au service d'une autre entreprise d'émancipation.
 
L'école doit pouvoir devenir le lieu de ce « nous », qui permet  également le « je » dans la négociation et le conflit nécessaire.
 
De cette appropriation initiale, tous les pouvoirs découlent  et surtout ceux qui rentrent pleinement dans le champ de l'école : le pouvoir d'écrire, de parler, de s'organiser, de construire, de produire, de prendre des décisions et de les tenir.
 
Cette voie pour l'école est ouverte et connue, c'est celle de la Pédagogie Freinet, mais les acteurs qui s'y emploient sont de plus en plus  menacés, notamment par leur propre hiérarchie, amis aussi souvent par l'extension du pouvoir municipal dans les domaines du social, de l'éducation et de la sécurité. 

Seule une nouvelle alliance des acteurs peut mettre en échec l'actuel recul des libertés et de l'apprentissage des pouvoirs à l'école ; à chaque fois qu'une école s'ouvre aux parents, se détermine de l'intérieur, reconnaît et valorise la pleine participation des enfants et de tous les acteurs de l'école,  chacun apprend en même temps à retrouver du pouvoir sur soi, à développer ses capacités et à en faire des outils d'émancipation.
 

Laurent OTT
 
 

 

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 09:28

 Affiche_un-toit-pour-tous-2.jpgTOIT-2.jpg

Projets d'affiche(s) de notre infographiste Olivier,  elles sont superbes...

L'affiche définitive que nous avons retenue est différente, vous la découvrirez plus tard 

 

 

LE DROIT AU LOGEMENT TOUJOURS MALMENE

 

En 2010, 1, 2 millions de demandes de logements sociaux sont déposés auprès des différents organismes. Près de 3?6 millions de personnes sont mal logées et 5 millions en situation de grande précarité ( en instance d'expulsion ou vivant dans des copropriétés insalubres.)

Il manque actuellement d'après la fondation de l'abbé Pierre 900 000 logements sociaux....

En 2011 la situation ne s'est pas améliorée, bien au contraire et plus de 100 000 personnes sont sans domicile fixe et beaucoup dorment dehors...

Aujourd'hui ce ne sont plus les promesses qui sont de mise...Il faut des mesures et des actes.

  • Une reprise des constructions d'appartements HLM à un rythme soutenu

  • L'obligation pour les communes d'appliquer la loi SRU, « l'amende » actuelle n'est pas dissuasive, il faut au moins la décupler...Si rien n'est fait, les municipalités comme celle de Neuilly continueront à refuser d'appliquer la loi

  • la réquisition des logements vides

  • un moratoire sur les expulsions

  • la réduction du prix des loyers...

 

Ce sont là des propositions parmi d'autres, la Confédération Nationale du Logement et d'autres associations de locataires ainsi que le DAL n'arrêtent pas d'alerter les pouvoirs publics et de formuler des propositions .

 

LE LOGEMENT SOCIAL EN FRANCE

Livre de la collection « Que sais-je »  de Jean-Marc Stébé  chez PUF 9 €

5ème ré-édition, actualisée - mars 2011

 

Une situation préoccupante et le pire est peut être pour demain...

 

L'auteur analyse finement la situation actuelle avant de nous retracer l'histoire de l'habitat social.

Si depuis la fin du XVIIIème siècle, les réformistes, les philanthropes et les paternalistes pour des raisons qui leur sont propres se sont préoccupés du logement des classes populaires, c'est au début du XX ème siècle que les premières lois ont contraint les pouvoirs publics à prendre des mesures.

C'est ainsi que le radical socialiste Strauss fait adopter en 1906 un texte rendant obligatoire l'instauration d'un comité de patronage des HBM ( habitations à bon marché) dans chaque département.

Chaque commune et département peut employer une partie de ses ressources à soutenir l'action

de ces futurs « offices » sous la forme de dons de terrains, de prêts ou de subventions.

En 1912, on passe à une nouvelle étape vers l'interventionnisme de l'État avec la loi Bonnevay qui instaure une rupture : «  Les pouvoirs publics ont non seulement le droit mais le devoir d'intervenir »dans le logement social.

L'auteur de ce « Que sais-je ? » nous fait par alors des avancées importantes au niveau local mais aussi du retard pris à l'échelle nationale en terme de nombre de construction par rapport à nos voisins anglais et allemand notamment entre les deux guerres.

L'analyse de la politique « urbanistique »menée après la Libération est particulièrement pertinente.

Le fait de reconstruire à l'identique la maison détruite a des conséquences désastreuses et les frais énormes engagés dans les guerres coloniales grèvent sérieusement le budget de l'État qui ne consacre pas suffisamment de fonds pour la construction.

Si l'édification des tours et des barres à la périphérie des villes a permis de résoudre les problèmes les plus criants, elle n'a plus été considérées à la fin des trente glorieuses comme un progrès.

« La réputation faite aux grands ensembles d'être des foyers générateurs d'inadaptation et de mal vivre, mais aussi plus prosaïquement le développement de la vacance et la crise financière de certains organismes HLM ont contraint les pouvoirs publics à prendre dès le milieu des années 1970, des initiatives en vue de redonner au logement social une image valorisée et de permettre au secteur HLM de répondre encore mieux à ses objectifs initiaux d'accueil des classes populaires. »

L'auteur introduit ainsi la dernière partie de son livre qu'il consacre à la problématique du logement social en France avant de conclure sur le double défi qui attend les organismes HLM : répondre à la demande et freiner la ghettoïsation !

 

Jean-François Chalot

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 14:31

 

Samedi 14 mai, des militantes et militants associatifs ont voulu présenter la conférence gesticulée du 26 mai d'une manière ludique et participative.

Les passants ont apprécié, voici deux expressions parmi d'autres

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A JEUDI 26 MAI

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 06:39

 

 

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JEUDI 26 MAI

A 20 H30

Maison des associations de Vaux le Pénil

Conférence gesticulée

( à ne pas manquer)

 

 

Qu’est-ce qu’une « conférence gesticulée ? »

Ce n’est pas un spectacle, ni une conférence… on

pourrait dire que c’est les deux à la fois !

Ce n’est pas un spectacle, parce que les personnes

sur scène ne sont pas vraiment des comédiens, qu’il

n’y a pas de texte écrit, pas de metteur en scène etc.

Ce n’est pas une conférence au sens propre du terme

à savoir un conférencier qui va parler seul pendant

2h00 derrière une table…

Une conférence gesticulée ce sont des citoyens ordinaires

qui ont choisi de monter sur scène pour parler

de chose qui nous touchent au quotidien (le travail,

l’environnement, l’école etc.). A partir de ce qu’ils ont

appris de par leur vécu, de ce qu’ils ont lu ou étudier,

ils ont fabriqué une « objet politique non identifié »…

Un nouvel outil d’expression, d’analyse et de débat.

Un outil pour comprendre le système, un outil pour

les luttes sociales.

De quoi parle cette conférence gesticulée ?

Du management et de sa finalité réelle : organiser le travail dans l’entreprise

pour rendre celle-ci plus performante afin de dégager plus de profits.

Elle nous explique quelles sont les théories qui se cachent derrière les méthodes

employées. Comment celles-ci ont évolué pour rendre les salariés

toujours plus efficaces, pour annihiler toute capacité d’action collective, et

d’esprit critique sur le sens de notre travail… pour faire de nous des machines

obéissantes qui jamais ne remettront en cause le système qui nous exploitent.

Jusqu’alors réservées aux entreprises privées, ces méthodes sont arrivées

dans le secteur public sous le nom de « démarche qualité »… rationalisation,

évaluation permanente, course aux objectifs etc. la culture managériale

a petit à petit gangrené les services publics pour en faire des entreprises

rentables. Répondre aux besoins essentiels des populations n’est désormais

plus la priorité. Il faut maintenant faire du chiffre et pour cela convertir

les salariés à de nouvelles méthodes… par tous les moyens !

Pour en savoir plus : www.scoplepave.org

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 08:09

 

La Solidarité,
une urgence de toujours

Organisée par la MAIF, une conférence sur ce sujet dont vous trouverez le détail ci-dessous.

Notre association familiale laïque a décidé de relayer cette information et faire en sorte qu'un maximum de gens puissent profiter de ce moment qui promet d'être très intéressant et riche d'information et d'enseignements.

Si vous souhaitez y assister, il est utile de vous inscrire,

par notre intermèdiaire avant le lundi 25 avril 2011 : familleslaiques.vlp@orange.fr

soit directement auprès de la MAIF à cette adresse : www.mail.fr/actionsmutualistes

Merci à Geneviève LAGRANGE, militante et déléguée mandataire  de la MAIF 77 de nous avoir informer de cette manifestation qui, nous le souhaitons, rencontrera un franc succès.

Patrice THEVENY, Président de Familles Laïques de Vaux le Pénil

 

La Solidarité, une urgence de toujours est une conférence gratuite que donnera le professeur et essayiste français, agrégé de philosophie, Henri PENA-RUIZ, (http://atheisme.free.fr/Biographies/Pena-ruiz.htm )

LE VENDREDI 29 AVRIL 2011 à 18h30

Cinéma "La Grange" de la Ferme des jeux

Rue  Ambroise PRO

77000 VAUX LE PENIL

L'idée que tous les hommes sont engagés dans la même aventure n'est pas nouvelle. La notion même d'Humanité intègre la référence à une condition humaine commune, un destin à partager. Chacun est responsable de tous et tous de chacun.

Les hommes sont solidaires, ou doivent l'être, dès qu'ils s'avisent du fait que toute situation est provisoire, et ne saurait donner lieu à un repli égoïste, exclusif des autres.

Être solidaire de l'autre, c'est le traiter comme un autre soi-même, lui conférer l'égalité de principe qui fait que l'on reconnaît dans toute situation de détresse une réalité réversible, qu'il convient de défataliser.

 

PROGRAMME

  • Vivre : la liberté, le risque, la solidarité
  • Les malentendus et l'ultra libéralisme
  • Les principes fondateurs de la solidarité
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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 09:18

 

Voici un dessin réalisé il y a 30 ans par Jean Mourot dessinateur...

info1

 

 Aujourd'hui l'informatique est incontournable, c'est un outil de communication fantastique mais il ne doit pas

nous "emprisonner"

 

 

ETRE PARENT A L'ERE NUMERIQUE

 

Un débat organisé par l'Université de Parents

 

AU PETIT THÉÂTRE

DE LA FERME DES JEUX

À VAUX LE PÉNIL

VENDREDI 1ER AVRIL 2011

20H30

UNIVERSITE DE PARENTS

Internet fait désormais partie de notre quotidien. Il peut nous faciliter

la vie... si l’on sait l’utiliser !

Permettre aux enfants et adolescents de se servir des nouvelles

technologies (internet, portable, jeux en réseaux...) avec un maximum

de sécurité est la mission de .

Après le succès de la dernière Université de Parents traitant de

l’utilisation d’internet, l’association viendra nous

sensibiliser et nous conseiller pour nous permettre de devenir un

super « cyber-parent ».

La soirée sera présentée par Chantal BAUDET, présidente de

l'Université de Parents.

Entrée libre

 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 07:25

 bONNEMAYRE.jpg

 

Samedi 20 novembre 2010

Vaux Le Pénil Conférence publique organisée par le CDAFAL 77

Thème : «  L’accueil éducatif des tous petits »

Conclusion par le Président du CNAFAL

Jean-Marie BONNEMAYRE

 

 

Tout d’abord, je voudrais indiquer mon parfait accord avec les différents intervenants qui m’ont précédé à la tribune de ce colloque mais le contraire eût étonné. Je voudrais ajouter qu’il est impossible de conclure sur une telle thématique et donc je m’efforcerai de compléter, ou d’élargir le champ de la réflexion.

Tout d’abord, le «  bien-être  » d’un enfant est conditionné par le bien-être de sa famille par ses conditions de vie. Or, il faut le dire car on le passe sous silence mais depuis 20 ans les conditions de travail des salariés se sont considérablement détériorées. En premier lieu la multiplication des horaires fractionnés, désynchronisés de la vie familiale se sont déployés au-delà de la production dans les services pour répondre au zéro stock et au juste à temps. C’est particulièrement vrai dans la grande distribution qui emploie une majorité de femmes sur des contrats partiels, qui sont sus-exploitées, mal payés. Mais pas seulement dans ce secteur. On estime à 4 millions ce type d’emplois. Combien de sociétés de nettoyage emploient exclusivement des femmes. La précarité est leur lot et souvent les enfants «  se gardent eux-mêmes » ou sont tributaires du voisinage immédiat ou de la famille.

Le dernier rapport Versini dénonce cette insécurité liée à la précarité. Car il y a aussi toutes les familles dont les membres n’ont pas d’emploi, qui galèrent tous les jours et où l’insécurité est permanente. L’AFSA (l’Agence Française pour la Sécurité Alimentaire) considère que 1,1 millions de personnes sont en insécurité alimentaire, c’est à dire ne mangent pas à leur faim, 2 millions de personnes sont considérés en précarité énergétiques. Selon le CREDOC, 30% des gens surendettés empruntent pour rembourser une dette précédente qui n’était pas liées à un achat de consommation.

En France, 2 millions d’enfants sont considérés comme pauvres. Imagine- t’on ce qu’est la vie d’un enfant qui voit ses parents ou sa mère (lorsque les deux ne cohabitent plus ensemble) tous les jours anxieuse de son devenir, se demandant comment elle fait face à ses factures , comment elle nourrit sa famille ; que dire des familles qui subissent des expulsions locatives pour cause de pauvreté chronique et qui sont « trimballées » d’hébergement provisoire en hébergement provisoire. De nombreuses études montrent la scolarité « chaotique » de ces enfants grandissant dans une famille à statut précaire. Les parents eux même dépriment, ne sortent plus, ont peur et effectivement « désertent » les lieux institutionnels parce qu’il n’y a plus d’écoute, d’humanité même auprès des services sociaux, ce que dénonçait Jean-Paul DELEVOYE médiateur de la République dans son rapport en 2009 mais aussi dans sa lettre du mois d’octobre dernier.

Nous assistons à un véritable « effondrement du social »  face à la massification de la paupérisation mais aussi la raréfaction des moyens que ce soient ceux de l’Etat ou des collectivités territoriales. Cet effondrement du social accompagne aussi « l’effondrement de l’Etat républicain » qui n’est plus en capacité de faire respecter l’accès aux droits, qui est désorganisé par la multiplication de la suppression des postes de fonctionnaires. Ce sont les plus faibles qui en pâtissent et je rappelle que les familles les plus pauvres (toutes les études convergent depuis plusieurs années) ce sont les familles monoparentales et les familles nombreuses. J’ai été sensible au discours de la représentante de la FCPE qui disait que les familles font ce qu’elles peuvent et qu’il faut se mettre à leur portée. Cependant sur les horaires décalés et la désynchronisation des temps familiaux et du temps de travail, il faut faire attention aux expérimentations ; l’enfer peut être pavé de bonnes intentions. En 2003 à Belfort des gens bien intentionnés avaient proposé à la CAF de former des femmes RMIstes pour aller au domicile de femmes travaillant à temps partiel et fractionné dans les grandes surface ou dans les bureaux et embauchant à 5heures du matin. Elles auraient levé les enfants, fait leur toilette, les auraient fait déjeuner et accompagner à l’école et éventuellement assuré le repas de midi. Autrement dit on aurait « exploité » en bout de chaîne d’autres femmes pour permettre à des « supermarchés » une meilleure exploitation de leurs salariés en offrant un service pour lequel aucune contribution ne leur était réclamée !

Nous avons fait capoter le projet à la CAF du Territoire de Belfort et avec l’aide des organisations ouvrières qui ne pouvaient cautionner un tel système.

En revanche, je pense que la « crèche d’entreprise » peut être une solution acceptable là où il y a « densité » d’entreprise, là où il y a une grosse entreprise en nombre de salariés. A Belfort ( c’est ma « casquette » de Président de CAF) nous avons travaillé en concertation mais surtout la société d’économie mixte et d’aménagement du Territoire a pensé à implanter autour de la crèche de menus services utiles aux parents qui sont pressés de rentrer chez eux : dépôt de pain, produits de base, distributeur de monnaie qui évitent aux parents plusieurs détours avant ou après avoir repris leurs enfants à la crèche. Car, dans les conditions de travail, il y a aussi le temps consacré aux trajets domicile-lieu de travail. En région parisienne, on connait cela mais en province aussi. En Territoire de Belfort, le Nord Franche Comté est la première région industrielle de France (Alstom, Peugeot, Bull, General Electric, Faurécia) les grandes entreprises sont représentées et la plupart des salariés effectuent en moyenne 40 kms par jour. Cela fait aussi partie de la condition de travail qui se détériore pour les salariés sans compter la baisse des salaires depuis 25 ans dénoncée par le CERC dans une note de 2005 que le CNAFAL a largement diffusée.

Car l’enfant a un coût – l’UNAF a chiffré le coût d’un enfant au mois pour sa famille. Il est évalué à 330 euros par mois et on sait bien que le quotient familial au niveau fiscal est loin de prendre en compte le coût réel. C’est la raison pour laquelle le CNAFAL depuis plus de 30 ans revendique la mise en place « d’un salaire social à l’enfant dès sa naissance » quel que soit son rang de naissance éventuellement fiscalisable en fonction des revenus des parents.

Je remercie mon collègue de la CAF de Seine et Marne d’être intervenu sur le rôle de la CAF, partenaire irremplaçable des politiques familiales et de la petite enfance et de signaler le site monenfant.fr sur le site de la CAF qui permet d’avoir accès à toutes les solutions disponibles en matière d’offres de mode d’accueil pour la petite enfance.

L’action sociale familiale des CAF est aussi un outil important de redistribution sociale et de protection. N’oublions pas qu’à la création de la sécurité sociale, la branche famille prend en compte le « risque famille » en ce sens que l’enfant est un bien précieux pour la famille et la Nation et qu’il a droit aux meilleures conditions de vie et de bien-être.

Vous m’excuserez de citer à nouveau la CAF de Belfort mais le fait d’être en région industrielle fait que nous subissons la crise chez nous depuis 2004 (désindustrialisation) Nous avons constaté et cela nous a été signalé par le personnel des crèches que des familles ne pouvaient plus « fournir » le lot de couches-bébés pour leur petit. Certains arrivent régulièrement sales à la crèche. Le Conseil d’Administration de la CAF a réagi en accordant des dotations aux crèches à charge pour elles de les répartir en fonction des ressources des familles. Imaginez pour les enfants prématurés qui doivent s’alimenter avec des laits spéciaux « maternisés », dont le prix est entre 22 et 30 euros la boîte, les difficultés qui commencent dès ce moment là et dès le plus jeune âge pour les familles démunies.

Nous avons fait un constat similaire pour les CLSH lorsque nous avons vu des familles désinscrire leurs enfants le mercredi ou pour les petites vacances, ne pouvant s’acquitter de leur contribution même symbolique à 1 euro par jour. Nous avons alors abaissé encore les quotients familiaux pour tenir compte de cette situation.

Ensuite je voudrais revenir sur quelques principes laïques puisque la question a été posée de savoir à qui appartient l’enfant. Un laïque répond que l’enfant appartient d’abord à lui-même ; il n’est la « propriété de personne », la chose de personne ; il est un être en devenir qui a droit au respect et que l’on doit préparer à l’autonomie. Le CNAFAL a une deuxième formule qu’il faut expliciter. L’enfant a droit à une éducation laïque : Nathalie Rocailleux l’a dit, il y a dans toute éducation une part de conditionnement, un apprentissage de règles, de lois.

Ce « conditionnement » est certes inévitable mais il ne dispense pas d’expliciter », de justifier les interdits, les règlements. Eduquer c’est à la fois conditionner et déconditionner. C’est un cheminement et non une modélisation. Sartre disait « l’important n’est pas ce qu’on a fait de moi, mais ce que je fais à partir de ce qu’on a fait de moi ». Une éducation ne peut pas étouffer ; l’enfant a droit à l’erreur, à l’expérimentation, aux essais. C’est pourquoi la notion de coéducation est ici importante, je n’y reviens pas.

Je voudrais ajouter aussi qu’il faut savoir respecter les rythmes de l’enfant. Le temps de l’enfant n’est pas celui de l’adulte qui est de plus en plus contraint par les horaires, la vitesse, la compétition dans une société où seule la productivité est devenue le critère essentiel en même temps que le profit !

L’enfant est aussi un être social, c’est-à-dire que l’éducation doit lui apporter la sociabilité, l’esprit collectif, l’esprit solidaire car on n’existe qu’à travers les autres, par les autres, pour les autres. Libéralisme et individualisme sont intrinsèquement liés dans une culture de l’affrontement perpétuel pour être le « meilleur ». La culture laïque, c’est la culture de la mise en débat, de la « délibération », de la médiation, car nul ne détient la vérité.

Enfin, pour conclure, je voudrais mettre en valeur la politique familiale, spécificité française grâce à la branche famille de la sécurité sociale mais qui est de plus en plus menacée : en effet, il y a toujours la tentation de réserver la protection sociale dans son ensemble aux familles les plus démunies, ce qui veut dire qu’elles seraient sans conditions de ressources ; Ensuite, un 2ème étage, en quelque sorte, serait confié aux mutuelles et un 3ème étage aux assurances privées, banques, etc… Je rappelle que le rapport confié au député Yves BUR concernant le financement de la branche famille n’a pas encore été « rendu » mais on sait que sous prétexte « d’abaisser » encore le coût du travail, il prévoyait de supprimer les 5,4 % de cotisations patronales qui reviennent vers les salaires sous forme de prestations… !

De même, le projet de loi de financement de la sécurité sociale « détourne » une fraction de la CSG dévolue en recettes à la branche famille pour réalimenter la CADES (Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale), chargée de gérer les déficits précédents de la Sécurité Sociale. Ce qu’on ne vous dit pas c’est que la CADES a perdu 8 milliards d’euros dans la tourmente financière de l’automne 2008. Autrement dit, votre argent a été joué sur les marchés financiers et aujourd’hui on vous « culpabilise » parce que nous laissons de la dette aux jeunes générations.

Oui, la petite enfance est un « investissement pour l’avenir », à condition qu’on ne dévoie les politiques familiales. Je rappelle souvent qu’en 1947, dans une France ruinée, exsangue, les fondateurs de la Sécurité Sociale avaient octroyé pour une famille de trois enfants, un montant d’allocations familiales qui était l’équivalent du salaire d’une ouvrière de l’époque. Le dynamisme démographique qui en est résulté a permis la croissance et les grandes réalisations de la 4ème République.

Si nous avons traversé la crise actuelle moins mal que les autres (mais je considère qu’elle est toujours devant nous), c’est parce que à travers la politique familiale, tout comme avec les autres protections sociales, la redistribution sociale s’effectue et permet aux familles, soit de consommer certains biens, soit de bénéficier de services collectifs. Il est probable aussi que nous le devons à un fort secteur constitué de l’Economie sociale et solidaire (associations, coopératives, mutuelles) et à l’existence, certes précarisée, de quelques services publics. Naturellement, cet ensemble est directement menacé. Chaque pièce du puzzle compte et nous devons les défendre toutes pour l’avenir de nos enfants.

 

Jean-Marie Bonnemayre

 

 

DEBAT DANS LA SALLE

INTERVENTION DE LA FSU 77

 

 

Intervention de la FSU77 lors du colloque « L'accueil Éducatif des tout petit » de Vaux le Pénil


D'abord un rappel qui semble important: si les parents ne scolarisent plus les enfants des moins de trois ans, ce n'est pas par « défiance »vis-à-vis de la maternelle. Ce n'est pas par envie de pouvoir trouver mieux et de pouvoir payer pour cela. C'est simplement parce qu'il n'est plus possible d'inscrire les enfants, l'institution n'ayant pas assez de postes d'enseignant! C'est la pénurie orchestrée depuis des années par les gouvernements successifs qui, au niveau national, a fait passer le taux de scolarisation des « tout petits » comme on dit, de 35,4% en 2000 à 20% aujourd'hui... un taux qui fait presque rêver dans une Seine et Marne qui elle flirte avec les 5% seulement. Et pourtant notre département aurait bien besoin de ces sections de tout petits... car au regard de sa natalité débordante, les besoins en structures d'accueil de qualité vont continuer a se faire sentir sur un territoire équivalent à la moitié de l'Ile de France. Et c'est un point qui me semble trop peu abordé dans les échanges que nous avons ce matin : quelle autre structure que l'École, que l'École Maternelle offre un maillage aussi « opérationnel » sur tout notre territoire. L'École reste le seul service public dans bien des communes... un service public ayant déjà des bâtiments, des salles et potentiellement des professionnels aguerri si seulement l'État voulait en former.

Pourquoi ne pas profiter de ce qui existe? Mais dans des conditions d'accueil améliorées, avec des effectifs pédagogiques adaptés à l'âge des enfants... et j'en profite pour vous rappeler qu'en Seine et Marne, elles ne sont pas rares les classe de « petite section » ayant des effectif à 30 et plus, avec des intégrations d'enfant en situation de handicap.Je le rappelle simplement parce qu'il difficile de faire comme si cela n'avait pas d'impact sur le débat d'aujourd'hui. Il faut aussi réfléchir sur les continuités de l'enfance et revendiquer des allégements de classe pour le bien des enfants.

Mais là encore l'état ne souhaite qu'une chose... c'est se désengager, transférer les charges de plus en plus vers les collectivités territoriales ou bien vers les citoyens. C'est bien pour cela que nous ne regardons pas la mise en place de « jardin d'éveil » avec bienveillance... c'est peu de le dire... et que nous sommes très réticent à voir la CAF se lancer dans cette expérience qui reportera vers les familles, qui le pourront, vers les collectivités, qui le pourront, une part des coûts qui jusque là étaient supportés par l'État. Un État garant d'équité et de redistribution. Au final le coût supporté par les ménages sera supérieur... soit par leur contribution direct... soit par les impôts indirects qui ne seront plus levés pour l'État mais pour que la commune pallie les manque de ce dernier. C'est ce que nous dénonçons... et c'est pourquoi nous souhaitons la mise en place au niveau national, d'une réflexion pour construire un Service Public d'accueil de la petite enfance... un service public gage d'équité territorial... un service public qui pourrait profiter des structure déjà existantes comme les écoles maternelles.

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 15:25

 

 Intervention de  
 Nicole Frapaize, directrice

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de la maison petite enfance de Saint Fargeau Ponthierry (Seine et Marne



Témoignage

 

La Maison de la Petite Enfance implantée sur le territoire d’une intercommunalité date de 2006. Elle regroupe plusieurs services à l’intention des enfants de la naissance à 6 ans. Deux multi accueils collectifs (60 et 32 places), un accueil de loisirs maternel, un relais assistants maternels, un centre de consultation PMI, une ludothèque, un lieu d’accueil enfants parents, des ateliers d’éveil et des temps d’échanges parents enfants, un groupe de paroles parents, un restaurant. Ce lieu est du à une volonté et une implication politiques fortes où les élus portent la conviction de l’apport et de l’intérêt pour les habitants de disposer d’un service cohérent par son approche globale.

Il nous est proposé ici de témoigner de l’accueil éducatif du tout petit, il ? est de la génération à venir, nous sommes de celle qui l’accueille ?, nous sommes ceux qui allons l’entourer, le respecter, le protéger. Nous sommes la génération professionnelle qui est passée des modes de garde aux modes d’accueil considérés comme un lieu de vie. Le terme ? éducatif ? est à saisir dans le sens de l’accompagnement au développement global de l’enfant.

L’arrivée d’un enfant dans un mode d’accueil, ? dont la première mission est de veiller à la santé, à la sécurité, au bien-être et au développement de l’enfant (décret août 2000) et depuis le décret de juin 2010 de contribuer à leur éducation ?, correspond à une période intense de construction où il élabore son unité à partir de son propre développement sensori-moteur ; en effet, l’activité spontanée du petit est une fonction constructive et élaborative majeure. Il construit peu à peu une relation fiable, stable et continue avec ses parents d’abord, puis avec une personne ayant la capacité à lui donner des soins et à le satisfaire, une personne qui va l’accompagner et lui permettre d’anticiper peu à peu ce qui va arriver. Il est rappelé qu’un enfant qui attend beaucoup la satisfaction de son besoin peut perdre le sentiment de sécurité qui lui est indispensable pour grandir. Or, la vie en collectivité peut être source de discontinuité, car le temps de présence des enfants est souvent supérieur au temps de présence des adultes. Il s’agit alors d’harmoniser les pratiques des adultes auprès des enfants, d’organiser l’espace pour permettre à l’enfant de conduire son activité jusqu’à son terme et où il pourra agir seul, de prévenir l’enfant plongé dans son activité de l’interruption à venir, de définir des règles peu nombreuses, d’assurer une qualité des soins corporels qui participe de la construction psychique du tout petit, car ? c’est par la similitude des soins, le retour à l’identique des besoins et de leur satisfaction, garantis par la permanence et la constance du maternage que l’enfant peut petit à petit accepter la réalité ?. Dans un lieu d’accueil de la petite enfance, l’objectif premier est d’assurer cette continuité et cette permanence, c’est le c?ur du projet.

Une équipe pluridisciplinaire de 55 personnes (infirmière, animateurs, CESF, éducatrices de jeunes enfants, éducatrice spécialisée, auxiliaire de puériculture, agents éducatifs, psychologue, psychomotricienne, musicienne, agents d’accueil et agents techniques) anime cet équipement et bénéficie d’actions de formation et de qualification (formation continue, VAE, contrats d’apprentissage, concours). Les deux multi accueils combinant accueil régulier et occasionnel tentent de favoriser la conciliation des différents temps sociaux et la place des familles. Des valeurs comme la confidentialité, la sécurité, le respect, l’écoute, la coopération, la reconnaissance étayent le projet éducatif.

Au sein des services, une attention est portée pour impulser un accueil physique et psychique qui favorisera l’insertion des parents et donc de l’enfant.

L’aménagement de l’espace, le choix du mobilier et son organisation, la pluridisciplinarité des professionnels, le projet pédagogique, la disponibilité de l’équipe de direction, les réunions, les temps d’échange, les intervenants spécialisés, des ateliers d’éveil corporel, musical, la formation participent et fondent cette préoccupation d’inscrire le tout petit comme personne à part entière.

Nous disposons sur les services d’intervenants spécialisés : médecin, psychomotricienne, psychologue, musicienne qui apportent leurs compétences propres aux parents, aux enfants et aux équipes.

De quoi pouvons-nous alors témoigner ? Du côté des parents : d’un souci constant d’accueil, d’accompagnement, d’écoute, de chercher à comprendre, de conforter, voire de réconforter, d’échanger, de laisser du temps au temps, d’apaiser, de relativiser, de proposer, voire d’orienter en organisant des rencontres parents, des cafés des parents et des temps conviviaux. Ainsi nous sommes dans l’accueil tout en recherchant les modalités de la coéducation par l’articulation des différents espaces (maison/service) dans le respect des places et des fonctions de chacun, autant que possible.

Du côté des enfants : L’accueil consiste en l’accent porté sur la connaissance des besoins psychoaffectifs, moteurs et sociaux de l’enfant et le travail sur l’articulation entre vie de groupe et besoins individuels : bienveillance, écoute, analyse, soutien et échange autant que possible et le plus possible… En ce sens, il faut dire et redire que la disponibilité et la présence des professionnelles sont le ressort essentiel de la capacité d’autonomie de chaque enfant. En effet le tout petit s’appuie, se construit, grandit et se développe en interaction avec l’adulte qui le nomme et le reconnaît, d’où l’importance des ratios d’encadrement et de leur respect. La relation de chaque enfant avec un adulte référent est un incontournable pour donner à l’enfant ce ? sentiment continu d’exister ? (Cf. Winnicot), pierre angulaire de l’estime de soi et de la confiance en soi, ce qui nécessite du temps et du savoir faire. Plus l’adulte satisfera par sa disponibilité aux besoins proches et immédiats du tout petit, plus l’enfant développera sa capacité d’autonomie, avec des soins substitutifs de qualité suffisante. L’amour porté aux parents et l’attachement porté à la référente et aux co-référentes ne sont pas de même nature quel que soit le mode d’accueil, tous les parents sont outillés et à même de faire pour leur enfant ce qu’il est bon de faire. Les professionnelles vont quant à elles s’interroger, se questionner, interpeller sur les actions et les actes engagés pour chaque enfant qu’elles accompagnent.

L’accueil va reposer essentiellement sur le langage et la mise en mots des situations et des échanges, (en ce sens nous avons inscrit la communication gestuelle pré-verbale comme outil d’échanges avec les enfants), c’est pour cela que le temps est un facteur clé, que l’adaptation qui est le temps d’accueil consacré à la rencontre entre un bébé, des parents et l’auxiliaire est une étape capitale pour que l’enfant accepte cette nouvelle personne, initiée par sa mère ou son père qui autorisent celle-ci à s’occuper de lui.

Il est donc essentiel que les personnels reconnus comme compétents à s’inscrire dans une relation et une communication soient perçus comme un ? supplément ? qui renforcera les parents dans leurs capacités et leur fonction.

Le projet pédagogique et éducatif, les réunions de pratiques professionnelles, les apports d’intervenants spécialisés, les salles aménagées : cuisine pédagogique, salle de jeux d’eau, salle de motricité, salle des livres, ludothèque, le partenariat engagé avec la bibliothèque, l’association Lire et Faire Lire, le Centre culturel pour des offres de sensibilisation, d’initiation et de découverte sont l’ensemble des moyens mis à disposition des professionnelles de l’enfance. Ces professionnelles de formation EJE, auxiliaires de puériculture, CAP Petite Enfance bénéficient de journées pédagogiques, de journées de formation avec différents organismes, de temps de réunion avec la psychologue ou la psychomotricienne sur l’analyse des pratiques et le suivi des enfants, de temps de réunion sur les caractéristiques de leur métier et exercent leur savoir faire avec implication et conscience des enjeux du métier.

C’est cette dynamique qui porte cette représentation de l’accueil au service des enfants et des familles. Le terme ? éducatif ? accolé à accueil n’est pas le centre de la démarche pédagogique et n’est pas l’objet premier de notre préoccupation, en effet un mode d’accueil participe d’un processus éducatif et n’a pas à revendiquer ce vocable pour être légitimé dans sa pertinence et son existence. Ce terme s’incarne plus à partir des valeurs transverses au projet éducatif : initiation, découverte, sensibilisation, plaisir de faire par soi-même, toute l’énergie sera de permettre à l’enfant de se centrer sur son activité propre et le déploiement de ses stratégies personnelles au bénéfice de la découverte de lui-même. Pas de programme, pas d’évaluation, pas d’enjeu d’acquis, pas de normes … Une grande attention est à porter sur ce glissement sémantique qui ferait que nous serions tirés peu à peu du côté du préscolaire (type le jardin d’éveil). Reste pour nous professionnelles à travailler encore et encore des pratiques de concertation et de décision collective et d’ouverture sur des pratiques réfléchies, renouvelées, inventives participant au développement des enfants.

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 12:11

 Intervention de Nathalie Rocailleux, psychologue-clinicienne

Nathalie Rocailleux 

 

Accueillir et le jeune enfant et Accompagner la parentalité :

 

La pause parents Toulon.

 

Association Familiale Laïque "TRANSITION" de TOULON (VAR) 

 

La pause parents est une action portée par l’Association Familiale Laïque TRANSITION. La première Pause parents a ouvert ses portes en 2002 à Toulon. Depuis, deux autres Pause parents – Ollioules et Brignoles – ont ouvert en 2006.

 

Le projet a été écrit initialement par des psychologues. Il s’est formé au départ sur le projet de la « Maison Verte » de Françoise Dolto en l’adaptant le mieux possible aux besoins des populations visées, les jeunes parents évoluant dans le contexte social et familial actuels. Nous y avons ajouté une approche plus globale et pluridisciplinaire dans l’accueil des parents et des jeunes enfants et avons adapté la manière de symboliser les règles et les interdits qui valent pour tous. Les Pause parents proposent systématiquement dans un même lieu :

 

  • Un espace d’accompagnement en périnatalité avec l’utilisation d’un outil du lien parent -enfant : le baby massage de type « Shantala ». C’est un massage d’éveil tonique du nourrisson effectué par les parents qui permet l’émergence d’interactions précoces et stimule la pulsion de vie du tout petit.

  • Un espace repas (on a travaillé sur ce projet avec l’association « les pâtes au beurre » à Paris) dans lequel on a ajouté une approche multiculturelle pour pouvoir parler de l’exil à travers la confection d’un repas « culturel » qui laissera la trace vécue et écrite d’une recette transmise aux autres parents mais aussi aux professionnels et aux enfants. Ce repas se confectionne avec les autres parents et avec les enfants et permet également à cette démarche de bientraîtance d’exister lorsque certaines difficultés émergent lors de la prise des repas.

  • Un espace de jeu, d’éveil et de créativité, un espace de vivre ensemble existe dans la pièce centrale, comme à la maison verte.

  • Enfin, un espace de consultations familiales et individuelles avec le psychologue pour que l’intime puisse se parler, se questionner et se travailler, pour qu’émerge l’élaboration psychique.

 

On ne peut pas accueillir un enfant sans avoir comme objectif de l’éduquer. « Educare » signifie « conduite hors ». C’est en premier conduire en dehors de l’inconscience vers la conscience d’être et ensuite conduire vers le libre arbitre avec tout ce que cela signifie d’introjection (fonction de prendre en soi) de la loi à travers le « vivre ensemble »…

Après que le geste ou l’acte éducatif a opéré sur les ateliers ou de manière simultanée, le parent peut trouver l’opportunité d’en dégager une pensée éducative, de pouvoir se dégager de ses souffrances ou de dépasser ses propres traumatismes d’enfance pour en libérer le mieux possible son enfant.

 

Les Pause parents sont des lieux ressource pour les familles. Ce sont des lieux de prévention précoce. Tous les parents y sont accueillis, qu’ils viennent pour socialiser l’enfant, pour s’initier simplement aux baby massages ou qu’ils viennent pour dénouer des problématiques plus importantes parfois sérieuses ou dramatiques. Dans tous les cas, l’histoire va se dire, des constructions psychiques vont se délier, se relier, se travailler. L’objectif étant que le parent puisse venir y élaborer quelque chose, et parfois simplement décaler le regard qu’il porte sur l’enfant pour arriver à se rapprocher le plus possible du parent acceptable. Le groupe social des autres parents est très important pour soutenir cela en plus des professionnels. Pourquoi des puéricultrices et des psychologues ?

 

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Entendre l’enfant c’est avant tout l’entendre dans son corps. « Infans » cela signifie celui qui ne parle pas. S’il ne parle pas, il n’est pourtant pas exempt de langage. L’objectif c’est d’accueillir l’enfant avec tout ce qu’on lui doit comme réponses à ses besoins fondamentaux tout en accompagnant les parents pour qu’ils passent du « donner des soins »  à la conscience ou au désir de « prendre soin de lui ». C’est toute la construction de la dignité de l’Homme qui s’inscrit dans cette démarche. C’est une élaboration psychique de la bientraitance de l’enfant. Et nous le savons bien, si tout ne se joue pas avant 6 ans c’est lors de ce temps de la petite enfance que se réalise, par le milieu familial particulièrement, l’essentiel de l’humanisation et de la civilisation en l’enfant. Pour le parent, cette démarche ne se décrète pas, elle ne va pas de soit.

 

Elle est ce qu’on appelle en psychanalyse la « parentalité »: ce processus intime conscient et inconscient vient du mot « maternalité » mis en évidence dans les travaux de Racamier. Il est le produit de ce que l’on est et cela procède de notre histoire, de l’ensemble de nos constructions structurantes et aussi de nos traumatismes. Si Traumatisme il y a, cela ne signifie pas souffrance. C’est pourquoi il fallait que la Pause parents soit suffisamment attrayante, offre des espaces très diversifiés pour répondre aux besoins des familles afin d’accueillir aussi ceux qui ne souffrent pas consciemment mais sont en risque de reproduire pour leurs enfants les traumatismes de leur enfance. L’inconscient traumatique du parent et surtout de la mère parle à l’inconscient du nourrisson à travers son corps. Voilà pourquoi il est très important que des puéricultrices interviennent en même temps que des psychologues pour décrypter ce qui se joue inconsciemment entre le parent et l’enfant.

 

Et tous les parents que nous avons rencontrés ont exprimé unanimement leur désir d’être de bon parent. On entend l’enfant par ce qu’il exprime en premier dans et à travers son corps : sa posture, sa tonicité, ses émotions... Le baby massage est un outil très enrichissant pour le parent et pour l’enfant. Le professionnel peut observer des transformations relationnelles intenses lors des séances de baby massages. Le portage est également parlant aux professionnels : le portage physique est souvent le reflet de la manière dont l’enfant est « porté » psychiquement. Nous observons des paradoxes et des ambivalences qui s’opèrent entre le désir énoncé par les parents (de fermeté, de contenance, de sécurité…) et les gestes qu’ils ont vers leur enfant. Nous voyons des mères qui arrivent avec des enfants « coulants » de leurs bras, des nourrissons qui « pendent dans le vide » et ne sont pas absolument pas « contenus ». On voit qu’il y a eu souvent des carences maternelles chez ces mères. Ces messages paradoxaux sont fortement « entendus » par le corps de l’enfant. C’est souvent au contact des autres mères que ces mères vont ajuster leurs postures aux besoins de leur enfant, dans une identification à l’image d’un maternage satisfaisant apporté par le groupe. C’est aussi cela que l’on peut trouver à la Pause parents. Ce qui émerge n’est donc pas forcément d’emblée l’expression d’une souffrance de la part du parent. Lorsque la souffrance arrive à se dire, on est déjà dans une possibilité de travail sur soi par la parole mais cela ne signifie pas que les choses vont changer rapidement pour autant dans la relation à l’enfant.

On travaille autant le maternage que la place du père même s’il est plus difficile d’accueillir les pères dans nos structures. On est dans un accompagnement global psycho éducatif affectif et social.

 

Entendre l’enfant c’est aussi accompagner le parent à l’entendre. C’est à dire à être dans un ajustement précoce satisfaisant à l’enfant au niveau affectif mais aussi au niveau de son développement cognitif. C’est donner la possibilité aux parents et à l’enfant d’expérimenter un accordage affectif moins dissonant.

 

Nous avons reçu récemment une maman en difficulté avec son enfant qui est porteur de troubles du développement. Elle dit de lui que cet enfant ne comprend rien et le vit comme un enfant sans compétences ni capacités. Il se trouve que la pause parents est structurée comme un appartement, le moins institué possible, où l’on peut venir jouer quelque chose de soi qui peut y être expérimenté et qui peut être ramené dans la sphère intime du domicile. Une pièce particulière de la structure, le bureau, renvoie symboliquement à la chambre des parents. Sur le sol, nous avons tracé une ligne rouge qui marque l’interdit qui vaut pour tous les enfants d’y entrer sans autorisation. La ligne rouge vient signifier que l’enfant ne doit pas rentrer dans cette pièce sans y être engagé ou autorisé par un adulte. C’est une manière d’amener l’enfant à se confronter à l’interdit mais aussi d'inviter l’adulte à jouer et interroger son autorité et ses moyens vis à vis de cet interdit simple et fondamental.

 

Cette mère vient avec son enfant, nous lui faisons visiter les lieux. Nous procédons toujours pour cela en nous adressant à l’enfant et au parent. Nous remettons ainsi l’enfant dans un statut de sujet et d’interlocuteur valable. Lorsque nous arrivons devant la ligne et en expliquons la règle à l’enfant, la mère nous dit « de toutes façons il n’a rien compris ». Au retour, de la visite de la salle de soin, nous repassons devant la pièce, l’enfant passe devant la ligne et s’arrête. Il ne la franchira pas. Nous, professionnels, sommes à ce moment là, tout à fait incapables de dire si l’enfant en a réellement saisi quelque chose. Il se trouve que la mère, surprise positivement s’est approprié quelque chose du comportement de son enfant et interprète immédiatement : « il a compris ! ». Elle reconnaît enfin son enfant capable de compétences, elle fait l’expérience de cette reconnaissance. Sa représentation de son enfant se décale vers un autre devenir possible. Si cette mère a été capable de regarder son enfant autrement, elle devient capable de s'attribuer des compétences de mère, de se projeter et de projeter son enfant dans l’avenir.

 

Précisons que les professionnels initient les parents aux baby massages et ne les réalisent jamais eux même. Il est important d’utiliser cet outil comme tous les autres comme autant de possibilités de permettre à l’enfant, quel que soit sa taille, sa maturité, son âge, de devenir sujet.

 

Une mère arrive un jour et dit « je n’arrive pas l’aimer ». Cela devenait envahissant et très culpabilisant pour cette mère. C’était son second enfant. Lors des baby massages, cet enfant exprime enfin quelque chose à travers son corps, il se met en réponse tonique dans la relation à sa mère. La mère peut alors parler des émotions et des sentiments qu’elle a ressenti lors de cette seconde naissance. Elle n’a « pas reconnu » son enfant et s’attendais visiblement à ressentir les mêmes émotions et les mêmes sentiments très envahissants qu’elle avait vécus lors de la naissance de son premier enfant. L’intervention de la psychologue a été très importante dans ce moment ou elle disait avec ses mots et où l’enfant répondait avec son corps. Cette mère a pu différencier les émotions qui émergeaient de son nouveau statut de parents lors de la première naissance, touts mêlés aux émotions de découvrir ce nouvel enfant - ces émotions et ces sentiments extrêmement forts qui marquaient sa confirmation par son « devenir mère » dans son statut d’adulte- des émotions plus apaisées et plus tôt élaborées en sentiments qu’elle n’avait pas « reconnues » lors de cette seconde naissance et qui ne parlaient que de sa relation à cet enfant là –son statut de mère étant déjà là-. Deux jours plus tard, cette mère arrivait à la pause parents, souriante, exprimant de nombreuses interactions avec un bébé détendu et souriant. Elle a pu accepter que ce qu’elle ressentait et construisait avec son premier enfant fût différent de ce qu’elle nourrissait pour le second parce que ses enfants sont des sujets et des personnes.

 

Accompagner la parentalité dans sa globalité avec toute la diversité des situations rencontrées à la Pause parents, la diversité culturelle, la diversité sociale, la diversité des typologies de familles est au centre des préoccupations des professionnels.

Les parents comme les professionnels ont la mission d’humaniser et de civiliser, c’est ce qui les met aujourd’hui sous les feux des jugements de la société civile mais aussi des politiques. Les autoriser à tâtonner, à expérimenter dans un cadre bienveillant et sécure est acte de bientraitance. Cela permet de restaurer une estime de soi parentale amoindrie.

 

La ligne rouge : l’interdit est encore mieux introjecté avec la parole.

 

Lorsque des parents voient que leur enfant est capable d’introjecter (prendre en soi) les règles sans que l’adulte ne passe par des actes, avec une parole contenante, ils sont surpris de se voir eux même expérimenter la parole éducative comme un outil qui engage et qui est valable.

Il n’y a pas de caractère obligatoire à venir sur les « Pause parents ». Pourtant de nombreuses mères qui bénéficient de mesures de protection pour leurs enfants (placements AEMO…) viennent spontanément avec la demande explicite d’ « être mère autrement ».

 

En jouant sur le groupe et sur la relation individuelle, l’enfant dit quelque chose de sa relation à ses parents.

Très souvent les parents viennent se parler depuis leur place d’enfant. Ils viennent s’approprier quelque chose d’eux même pour régler ce qui va se jouer dans leur relation à l’enfant. Lorsque c’est trop difficile certains parents s’en vont et ne reviennent pas, d’autres vont en parler à leur rythme intime. Une mère a mis 5 ans pour être en confiance. 5 ans de fréquentation quasi quotidienne, sans son enfant. Souvent on vient aussi avec l’enfant symptôme. Pour parler de lui. Parler avec lui, est parfois beaucoup trop difficile.

 

Nathalie Rocailleux.

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 10:29

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Mesdames, Messieurs,

 

En tant que président de la Caisse d’allocations familiales, c'est avec un réel plaisir que j'ouvre ce colloque consacré à l’accueil éducatif des tout petits.

L'accueil du jeune enfant est une priorité nationale et locale.

Une priorité nationale, tout d’abord. En effet, la caisse nationale, dans le cadre de sa convention d’objectifs et de gestion, s’est engagée aux côtés de l’Etat à financer

100 000 places supplémentaires en accueil collectif sur la période 2009-2012. Pour cela, elle a mis en place des moyens financiers ambitieux parmi lesquels figure le 7ème plan crèche.

L’Etat entend également créer 100 000 places supplémentaires en accueil individuel sur cette même période. Dans cette perspective, plusieurs dispositifs financiers ont été créés en direction des assistantes maternelles dont la prime d’installation.

 

L’amélioration de l’accueil du jeune enfant est également une priorité locale. Avec

57 200 enfants de moins de 3 ans et 19 240 naissances en 2008, la Seine et Marne est un département très dynamique où les besoins en mode d'accueil sont importants.

Pour répondre à ces besoins croissants et permettre un développement harmonisé de l’offre d’accueil sur notre département, le Conseil d’administration de la Caisse d’allocations familiales a adopté un plan petite enfance qui vise en particulier les territoires peu couverts en mode d’accueil.

 

Ainsi le Conseil d’administration a décidé d'octroyer, en plus du 7ème plan crèche, une aide à l’investissement aux projets de création de structures petite enfance si ces dernières sont implantées sur des territoires peu couverts en mode d'accueil.

Une aide au démarrage est également versée à ces structures pendant leurs deux premières années de fonctionnement.

 

A travers l’ensemble de ces dispositifs, nous souhaitons promouvoir une offre d’accueil diverse et harmonisée sur le territoire afin de permettre aux parents de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle tout en favorisant le bien-être, l’épanouissement et la socialisation des enfants.

 

Pour conclure, je souhaite remercier l’association Familles Laïques de Vaux le Pénil pour avoir organisé ce temps riche et important.

 

Je vous remercie pour votre attention.

 

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  • familles-laiques-de-vaux-le-penil.over-blog.com
  • C'est une association familiale laïque qui lie le combat social et le combat laïque
Son projet associatif s'inscrit dans le PAL ( prestation d'animation locale) et le PAL Vaux le Pénil est adhérent à la Fédération des Centres Sociaux 77
  • C'est une association familiale laïque qui lie le combat social et le combat laïque Son projet associatif s'inscrit dans le PAL ( prestation d'animation locale) et le PAL Vaux le Pénil est adhérent à la Fédération des Centres Sociaux 77

AGENDA

 

 

  -oOo-

 

PROCHAINES PERMANENCES "INFO DETTE"

  à VAUX LE PÉNIL

 

 Vendredi 09 avril 2021

 Vendredi 14 mai 2021

sur rendez-vous au 

09 75 38 81 13 

 

    Affiche surrendetement RVB    

 

Sinon, toute l'année,  il y a des permanences hebdomadaires à 

 Melun, Dammarie, Le Mée, St Fargeau-Ponthierry, Moissy Cramayel.....

Renseignez vous auprès de notre secrétariat !

Qui sommes nous ?

Association fondée sur le principe de la laïcité,

intervenant dans tous les domaines

 où l'intérêt des familles est concerné.

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Animée uniquement par des bénévoles, l'association propose différentes actions telles que : Accompagnement scolaire, alphabétisation, info dettes, écoute et soutien des familles, écrivains publics, informatique, échanges de savoir-faire. 

 

Surtout n'hésitez pas à nous laisser des commentaires en utilisant le lien en dessous de chaque article De même, lisez les commentaires, ils vous en inspireront peut-être d'autres Notre PAL est subventionné par la Caisse d'Allocations Familiales 77 et le Conseil Régional d'Ile de France