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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 22:40

 Pour une politique de la petite enfance, ouverte sur l’environnement réel familial , social et urbain.


  Par Laurent Ott, formateur chercheur en travail social, docteur en Philosophie, président de l’association Intermèdes Robinson, à Longjumeau (http://assoc.intermredes.free.fr )
  Depuis toujours les questions d’éducation des enfants en général, mais plus encore des jeunes enfants sont piégées par des préoccupations idéologiques; Il en fut ainsi de spréoccupations religieuses qui pendant des siècles n’ont vu dans le spetits enfants européens que des âmes à sauver. Puis sont venues les utopies naturalistes et romantiques, qui faisaient du jeune enfant  un être “de nature” , pur mais en dehors de la civilisation et en quelque sorte “infra humain”.
  Vinrent ensuite les préoccupations plus scientifiques mais non exemptes d’idéologies qui imposèrent l’image d’un enfant malsain, toujours menacé de maladie, à retrancher du monde et de la vie en société.

  Aujourd’hui nous vivons une époque sécuritaire qui soit prétend enfermer les jeunes enfants dans des institutions où ils circulent le moins possible, et d’où ils ne sortent que trop peu souvent, ou à des assistantes maternelles qui elles aussi sont incitées à avoir peur de tout risque. En dehors et pour beaucoup finalement il ya aussi tous ces enfants sans solution de garde , qui partagent l’isolement ou la solitude de parents  souvent déjà exclus de la vie sociale, économique et culturelle.

  certains rêvent à présent de crèches sécuritaires, de rééducation précoce, de signalement dès le berceau d’enfants à problèmes. Ils ont une vision déterministe de l’existence et pensent qu’il existe des mauvais enfants, comme il existe des mauvais milieux... à rééduquer.  Ils voudraient bien entendu surtout voir disparaître par force ou éviction tous ces enfants qui remettent légitimement en cause des institutions inégalitaires et fatiguées.

   Nous vivons ainsi une époque étonnante où en matière de petite enfance nous avons d’un côté des exigences de surveillance, de technicité, de précautions sidérantes... Et pour beaucoup d’autres, rien du tout ou si peu.
  On nous explique que l’école maternelle à deux ans est une mauvaise chose, mais on feintd ‘ignorer que l’enfermement chez soi est souvent pire encore...
  Bref , il serait un peu temps de travailler à partir de la réalité des contraintes parentales, sociales, et de l’environnement urbain que nous connaissons.

  les jeunes enfants d’aujourd’hui ont besoin – mais on  l’oublie souvent – d’avoir des parents intégrés et insérés dans la vie sociale et économique, de leur ville de leur quartier. Ils devraient tous pouvoir trouver une place dans des accueils collectifs , sécurisants où ils seraient encouragés à la curiosité, à l’expérience et à rencontrer des enfants plus grands.

    Dans les quartiers, il nous faut pouvoir créer de telles structures:

  • inconditionnelles car la véritable prévention, c’est d’abord le bon accueil et une relation personnalisée avec des professionnels engagés.
  • sociales, car cet accueil collectif ne doit pas être réservé aux enfants de parents qui ont une situation et un travail,
  • inter-âges car les enfants ont besoin très rapidement d’être au contact d’enfants plus âgés et si possible aussi plus jeunes, dans un même groupe , pour enrichir leurs interactions et comprendre les différences,
  • en horaires atypiques car les modes de vie qui s’imposent aux parents et singulièrement aux plus précaires,  ne connaissent pas d’horaires classiques, et nécessitent une ouverture pour accueillir l’enfant dans son cadre à chaque fois qu’il en a besoin.  Il en va de même pour l’ouverture le week end, et la nuit.
  • Respectueuses des parents, car accueillir une nfant, c’ets aussi accueillir sa famille et que les parents doivent pouvoir trouver une place et enrichir par leur présence, leur aide et leurs initiatives, les lieux d’éducation des enfants.

  tel est aujourd’hui le projet de structure innovante porté par notre association au bénéfice des enfants et parents du quartier sud, de Longjumeau (91). Ce projet, soutenu par la CNAF et Espoirs Banlieues, finançable et viable... Ets de façon inexplicable en panne, faute de volonté des politiques et institutions pour accéder à des locaux (et pourtant des locaux à l’abandon ou vides dans le quartier comme dans tant d’autres, il y en a!)

Nous voudrions une crèche ouverte sur les cultures, sur la ville ; nous voudrions une crèche conforme aux principes mis en avant par les travaux d’Hubert Montagner : une crèche qui réalise un accueil bienveillant, en collectif propre à construire une réelle sécurité effective et affective des enfants, mais aussi une crèche qui respecte les rythmes des enfants, tout autant que la réalité des rythmes de leur(s) parent(s).

De même nous souhaitons une crèche qui offre aux enfants ce que la réalité a de meilleur, qui favorise leurs prises de risque et l’éducation à l’autonomie, sur le plan moteur, affectif et psychologique.

Mais parce que rien ne peut naître d’un rêve et que seule la réalité est féconde, cette crèche, nous voulons la bâtir ici et maintenant, là où notre association travaille déjà à développer les liens sociaux, intergénérationnels, interculturels, le « vivre ensemble » ; c’est à dire que cette crèche, à réaliser, naît de la réalité de notre travail d’aujourd’hui.

Implantée en quartier REP, CUCS, au sud de Longjumeau, l’association Intermèdes Robinson développe à Longjumeau un travail innovant, en lien  avec les principes de la Pédagogie sociale, de développement social, de création de liens sociaux. Elle travaille essentiellement dans et pour le « Quartier sud[1] de cette ville, qui regroupe près de 50 % de la population sur 20 % de son territoire. Elle a pour finalité de sortir les enfants de la solitude sociale qu’ils partagent avec leurs parents et de pallier les carences éducatives. A cette fin, elle organise des animations de quartier, des ateliers de rue, des goûters en plein air et a mis en place une bibliothèque et une ludothèque de rue, un jardin communautaire. A ces activités s’ajoutent des ateliers d’écriture, des groupes de projet et une permanence éducative au service des enfants, dans ses locaux. Composés de volontaires associatifs dont un grand nombre sont des professionnels éducatifs, de la petite enfance et du travail social, le comité d’administration et le bureau de l’association comptent également des bénéficiaires de nos actions, impliqués dans le fonctionnement associatif : parents, adultes éloignés de l’emploi, notamment. Grâce à ses 4 permanents (3 animateurs socio-environnementaux, un apprenti), ses stagiaires éducateurs de jeunes enfants et éducateurs spécialisés, ses volontaires, notre association réalise chaque semaine de nombreux « ateliers de rue », pour les enfants, ouverts aux parents, à partir de médiations culturelles, artistiques et ludiques.

Lors de ces ateliers, même les très jeunes enfants sont accueillis sur nos tapis d’éveil que nous déployons sur nos bâches et tapis. Ils viennent accompagnés par leur assistante maternelle, par leurs parents, par leurs grands frères et sœurs.
Tous les âges se retrouvent alors et ces temps d’atelier, nous en profitons également pour proposer aux grands et aux adultes de « faire de la cuisine de rue », ou alors nous organisons de grands goûters.
Ces actions que nous menons  plus de 3 fois par semaine, sont dans le prolongement des autres actions de notre association, qui les « alimentent » :
-       Nous faisons du jardinage communautaire et intergénérationnel à partir de pas moins de 3 jardins (et nous avons même des ruches) ;
-       Nous organisons également quelques activités « à couvert », pour des soirées conviviales où nous cultivons la convivialité : nous projetons nos petits films, nos diaporamas réalisés à partir de nos activités ; les adolescents jouent de la musique, préparent des spectacles, les enfants chantent, dansent, etc.
-       Nous organisons des groupes d’enfants et d’adolescents pour les accompagner dans leurs projets ; nous allons avec eux rendre visite à des associations qui travaillent dans le même esprit que la nôtre : artistes, lieux d’accueil culturels, jardins sociaux, etc
C’est donc tout naturellement que la crèche que nous voulons ouvrir à Longjumeau, pour et dans le quartier « grand ensemble » de cette ville, s’inscrit dans le prolongement de notre action.
Située dans le quartier même, notre  structure innovante prendra la place des activités déclinantes dans le quartier (commerces, services…)  et créera de la vie autour d’elle. Il s’agit ouvrir un multi-accueil combinant accueil régulier et accueil occasionnel, ayant une large amplitude d’accueil afin d’accueillir les enfants dont les parents travaillent en horaires atypiques. L’association souhaite également obtenir un agrément pour l’accueil de nuit permettant de répondre aux besoins de familles en difficulté (en accueillant les enfants lorsque les parents ne sont plus en mesure de le faire provisoirement – hospitalisation, besoin de déléguer la garde ponctuellement sans que cela rentre dans le cadre d’une mesure de placement ASE) ou ayant un emploi leur demandant de s’absenter plusieurs jours ou de travailler la nuit.
Destinée à répondre aux besoins d’une population oubliée et souvent à l’écart des structures classiques (car le plus souvent sans emploi et sans moyens),
l’association Intermèdes – Robinson, se positionne très fortement, notamment en faveur de la reconnaissance des compétences des parents, de la nécessité de favoriser la conciliation des différents temps sociaux.


Ce sera une crèche, motivée par un GRAND projet pédagogique, dans un lien vivant avec les activités de l’association et des âges ; pour le faire vivre, notre accueil sera étendu le soir, le week- end et les congés scolaires AUX FRATRIES.
C’est un véritable centre d’activités avec l’éducation au Cœur que nous voulons mettre en œuvre ; et il est légitime que cette activité bénéficie également au quartier ; autour de cette structure d’accueil nous souhaitons mettre en place des actions de qualification, et de formation, des parents, des habitants du quartier pour se professionnaliser et faire bénéficier la structure de leurs compétences et expérience.
Les actions actuelles de l’association tendent déjà à valoriser les compétences et savoirs faire des parents. Elles offrent une large place à l’accueil des responsabilités parentales qui se trouvent, lors de nos actions collectives, largement partagées et socialisées. Les familles trouvent ainsi, dans notre association, un espace et un temps où il est à la fois possible d’enrichir les relations familiales, et de sortir de l’isolement. De la même façon, dans le dispositif d’accueil en projet, les familles seront également présentes pour enrichir le quotidien éducatif, contribuer matériellement au fonctionnement de la structure et à sa pédagogie. La diversité des familles accueillies constitue en soi une grande source de richesses à la fois personnelles et culturelles, que notre association a pris l’habitude de valoriser et de cultiver. Il va sans dire qu’une structure d’accueil ne peut que bénéficier d’une telle dynamique ; les professionnels éducatifs savent conjuguer la nécessaire continuité des situations éducatives avec la richesse des interventions et des propositions tant des enfants que des parents. S’adressant à des parents souvent exclus de l’emploi et de la participation à la vie culturelle et économique, une structure éducative de proximité se doit de valoriser les compétences et les cultures, tout en les enrichissant. Par ailleurs, la nouvelle structure pour assurer la participation de tous à son fonctionnement et à ses orientations pourra compter sur les habitudes actuelles de gestion de notre association ; celle-ci, dotée d’un Conseil d’Administration à l’image de la richesse et de la diversité de son public, a développé des pratiques de concertation et de décision collective régulières, a mis en œuvre un mode de représentation facultatif des enfants et adolescents concernés par nos actions.
 

[1] Ce quartier concentre de nombreuses difficultés et est considéré administrativement, comme relevant d’un CUCS (Contrat de Urbainde Cohésion Sociale) ; en REP (Réesau d’Education Prioritaire), du point de vue de l’Education Nationale, ce quartier fait également l’objet d’un PRE (Programme de Réussite Educative).

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  • C'est une association familiale laïque qui lie le combat social et le combat laïque
Son projet associatif s'inscrit dans le PAL ( prestation d'animation locale) et le PAL Vaux le Pénil est adhérent à la Fédération des Centres Sociaux 77
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