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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 07:37

L'auteur habite à Vaux le Pénil

 

cybermigration

 

 

La « cybermigration maritale »

Des femmes camerounaises

La quête de conjoints blancs

De Brice Arsèse Mancou

Editions L’Harmattan Cameroum

Avril 2014

152 pages et références bibliographiques en sus

 

                                                                              Un espace virtuel et réel mondialisé

Ce livre d’essai  se lit facilement, ce qui constitue un atout.

Le lecteur rentre tout de suite dans la problématique. C’est un sujet original et d’actualité.

Les Technologies de l’Information et de la Communication ( les TIC) se développent et aujourd’hui ce « phénomène » est mondialisé.

Brice Arsène Mankou nous entraîne dans les nombreux cybercafés qui existent à Yaoundé. Nous allons en fréquenter quelques- uns, pas tous, il y en a plus de 400 dans cette capitale politique du Cameroun.

Des femmes de tous les âges, mais surtout des jeunes, trentenaires pour la plupart  passent des heures et des heures à pianoter.

Elles recherchent un mari, un blanc si possible riche ou du moins installé…. L’âge importe peu.

Cette quête est souvent collective, les familles africaines s’impliquant d’une façon ou de l’autre.

L’enjeu est personnel, familial, social et financier.

Il ne s’agit dans ce livre ni de masquer la réalité, ni d’idéaliser, ni de condamner une pratique « de masse », mais de l’étudier et d’en montrer toutes les faces.

Certains couples constitués tiendront, d’autres non :

Des européens vont se retrouver dépossédés d’une partie de leur argent renvoyé au pays pour aider la famille restée là-bas, des camerounaises vont  se faire berner, l’époux n’étant ni propriétaire, ni aisé….Des mariages heureux seront contractés… rien n’est simple.

« Ces mobilités démontrent qu’aucun peuple ne peut se réclamer de tel ou tel espace sans avoir recours au brassage avec les autres peuples ».

Des brassages sont réussis, d’autres sont plus difficiles, notamment quand les couples formés doivent affronter les réactions négatives des familles et des proches.

Derrière les écrans d’ordinateur, il y a l’imaginaire qui joue et le jeu de la dissimulation  de part et d’autre, tout mariage TGV a une part de risque en plus.

« Lorsque le réel rencontre le virtuel, des déceptions éclatent » certes mais parfois ces migrations féminines aboutissent à un projet de vie réalisé.

C’est une étude rigoureuse, étayée , passionnante et accessible à tout public.

 

Jean-François Chalot

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commentaires

philippe Beccart 26/06/2014 12:40

1er juin 2014
Monsieur Mankou, j’ai lu votre ouvrage avec grand intérêt et je me permets de vous livrer quelques réflexions.
Tout d’abord merci pour nous l’avoir offert et dédicacé.
C’est un livre utile s’il en est, dont les informations et analyses sont à intégrer dans une réflexion globale des rapports humains (« le zoo humain » comme l’écrit Desmond Moriss).
Grandeur et faiblesse de l’Homme…Contradictions multiples et compliquées. L’être est parfois véritablement d’une légèreté insoutenable.
Insoutenable également notre peur du vide, de la solitude, voire, consciemment ou inconsciemment, de la mort; peur qui détermine des comportements trahissant une tentative de fuir la réalité, comme
la quête, décrypté par votre ouvrage, des « femmes camerounaises » et des « hommes blancs », sorte de racisme inversé, de colonialisme intime, de revanche…, que l’on se place au Sud ou que l’on
analyse le phénomène du Nord.
Notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Stig Dagerman, auteur de cette réflexion, ne soupçonnait certainement pas que cette recherche de notre « consolateur(trice) » fantasmé(e)
passerait un jour par le numérique ni que la technologie, décidemment source de progrès (?), ajouterait de la vitesse à l’illusion, là où, hier, il était nécessaire de prendre un crayon pour
rédiger une annonce ou se déplacer dans une agence dite matrimoniale et qu’il fallait attendre, attendre, et attendre encore une éventuelle réponse en retour.
Et que dire des réactions de la famille, de l’entourage et des passants, évoquées dans votre écrit, face à ces couples mixtes et décalés en âges? Constat amer du niveau de tolérance et de respect
en cours.
Mais de tout cela vous avez certainement fait le tour, et comme faut que je sois quelque peu sérieux ou que je me fasse passer comme tel, j’ai quand même deux ou trois petites choses qui me
chagrinent dans la forme rédactionnelle de votre livre. Et n’en veuillez pas demain à Marilyn si je dis (trop) de conneries, elle n’est pas responsable; rendez-lui plutôt hommage pour le courage
dont elle fait preuve, jour après jour…

J’y viens donc (en suivant la pagination) et tant pis pour moi...
Page 23 : Evoquant l’évolution de la perception des hommes seuls ou célibataires, vous écrivez: « En effet, la situation est différente de celle que décrivait P. Bourdieu dans Le bal des
célibataires. Dans ce contexte-là, ces personnes étaient considérées comme « anormales » et stigmatisées. ». De quel contexte s’agit-il, se dit le brave lecteur ? Car, si l’on ne connait ni
Bourdieu (sur lequel il n’est rien précisé en note de bas de page), ni l’enquête à laquelle vous faîtes certainement référence (réalisée en 1960 – il eût été important de l’indiquer – sur la
paysannerie béarnaise), le lecteur, qui n’en reste pas moins stoïque et brave, manque d’éléments pour pouvoir apprécier « ce contexte-là ».

Même page : Un truc dont la formulation choque un peu « En outre, l’âge moyen au mariage et le nombre de divorces augmentent. En effet, l’âge moyen au mariage ne cesse de reculer ;…. ». Réflexe du
lecteur : il augmente ou il recule…La suite est plus explicite mais, bon.

Page 55 : Référence à François de Singly. « Des individus qui passent une annonce matrimoniale ne désirent pas seulement se marier (…), mais ils désirent également « préserver leur valeur sociale
». Et vous poursuivez en évoquant le niveau social visé…Je m’interroge sur le côté opportun de ce lien que vous faîtes entre la « valeur sociale » dont parle de Singly et celle relative à « leurs
capitaux » que vous mettez en avant. De Singly, en écrivant « valeur sociale » ne voulait-il pas plutôt parler de la reconnaissance sociale, de l’évitement de se retrouver hors des normes sociales,
(je ne vaux plus rien) et non de la « valeur » au sens matériel du terme (les biens , les capitaux, voire le niveau social) ?



Page 58 : «(…) toutes ces tactiques participent à l’idéalisation de soi ». Ne convient-il pas d’écrire « participe de l’idéalisation de soi » ou alors, « contribue à l’idéalisation de soi » ?

Page 61 : La note en bas de page relative aux « moniteurs » - note numéro 138 – me parait redondante puisque le texte précise déjà leur rôle.

Page 94 : « En conclusion provisoire (…) ces célibataires français (…) l’âge varie entre 50 et 65 ans. ». Or en page 91, le tableau 18 « âge de nos enquêtés » montre une proportion plus importante
pour les 65-70 ans.

Page 95 : Juste avant la partie 3 « Présentation des cybermigrantes camerounaises », le texte annonce : « Qui sont ces hommes qui préfèrent de jeunes femmes camerounaises ? Dans les pages qui
suivent, nous présenterons quelques portraits. ». Ce qui ne semble pas avoir de lien, d’autant que la réponse à cette question (« Qui sont ces hommes » ?) se trouve dans les pages précédentes.

Page 97 : Graphique 1 « âge de nos enquêtées ». Le lecteur, toujours bien concentré, ne connait pas le nombre de ces enquêtées. Il lui faut attendre la page 133 pour le connaître (« En effet, nos
quinze enquêtées(…) »). De plus, cet âge des enquêtées (« la plupart d’entre elles ont entre 30 et 35 ans) est-il celui constaté au moment de l’enquête ou au moment du mariage ? Si l’on relit les
portraits relatés aux pages 95 et 96, l’une a certes 32ans mais s’est mariée en 2003, l’autre en a 34 et s’est mariée en 2004, et la dernière a 30 ans et s’est mariée en 2006. Ce qui me parait
important à préciser si l’on souhaite maîtriser la chronologie de leur histoire et surtout connaître leur mode opératoire employé alors pour la recherche du « conjoint blanc » : avaient-elles déjà
utilisé internet ?

Page 99 : « Même si aucune des enquêtées ne possède le niveau universitaire ». Or, page 96, le témoignage numéro 3 fait état d’une « licence en lettres » à Lille3.

Page 108 : « La deuxième annonce (…), il y a une injonction : « pas sérieux s’abstenir », ce qui sous-entend que celle qui écrit n’est pas elle non plus sérieuse. » Quand on lit l’annonce, ce «
sous-entendu » paraît pour le moins hasardeux. L’auteure désirte cadrer le lecteur de l’annonce dont elle souligne le caractère sérieux et rien ne permet de subodorer chez elle un côté « non »
sérieux. Sauf à faire un procès d’intention, ce qui ne correspond pas à l’esprit du livre.

Page 116 : Concernant la tentative de cerner le terme de « couple mixte », la définition qui sert de départ est celle de Lautman et Bensimon qui emploie les termes « religions », « ethnies » et «
races ». Vous extrapolez : « à travers cette définition, les couples franco-camerounais sont des couples mixtes, puisqu’il s’agit d’une union entre personnes appartenant à des nationalités
différentes. ». Quel rapport entre cette notion de nationalité (qui appartient à une nation) et les appartenances à des « religions », « ethnies » ou « races » ?






Page 121 : « (…), l’une des grandes difficultés des femmes camerounaises est la culture du secret, qui passe par le mensonge, la dissimulation, toutes choses qui constituent pour le Blanc, une
forme de trahison. ». Cette stratégie - qui existe, n’en doutons pas, mais est-elle ainsi généralisable ? - serait-elle inhérente aux femmes d’Afrique centrale, comme le texte le laisse penser? («
En Occident, la transparence dans la vis de couple, la confiance, le dialogue et la vérité sont des qualités requises. Tandis qu’en Afrique centrale, le secret, (…) »). Heureux occidentaux, pauvres
africains centraux? Que dire alors du « conjoint blanc » qui s’est fait passé » pour directeur d’une agence bancaire (page 120) ? Une exception, un intrus dans l’histoire ?

Page 140 : « Il convient également de souligner le rôle des maris blancs cantonnés à des postes de trésoriers. (…) rôle joué par les maris est déterminant (…) ». N’y a-t-il pas une espèce
d’incohérence entre la notion de cantonnement (esprit de confinement) et celle de déterminant (esprit de décisif), action déterminante confirmée au fil des pages 144 et 145?

…Voilà, si vous lisez cette ultime ligne, c’est que vous avez su faire preuve d’une patience qui vous honore…et je vous en sais gré. Bon courage dans votre travail.
Philippe Bécart
Je vous ai écouté sur youtube et la radio mangembo-fm, j’ai pu lire les critiques et réactions, après avoir parcouru votre livre, et avant d’avoir rédigé ces lignes qui, je l’espère, ne vous auront
pas trop ennuyé

Brice Mankou 26/06/2014 12:38

Objet: votre livre sur la cybermigration
> À: bamankou@yahoo.fr
> Date: Lundi 16 juin 2014, 19h12
> Bonsoir cher Monsieur,
>
> Je suis tombé par hasard sur votre intervention youtube à
> propos de votre ouvrage sur la cybermigration maritale des
> femmes camerounaises. Tout à fait intéressant en
> particulier parce que je suis concerné en tant que "blanc"
> et sexagénaire ayant une jeune femme camerounaise
> rencontrée en effet par internet, et avec laquelle nous
> avons un petit garçon de neuf mois.
>
> La situation du "blanc" à la recherche de sa moitié
> "africaine" est un thème qui pourrait être également
> vraiment approfondi.
>
> Pour votre information je réside d'une part à Lille et
> également à Yaoundé (dans le quartier d'ODZA), et
> j'exerce le métier de conseil en développement des
> ressources humaines en France et au Cameroun (au travers
> d'une Soscété que j'ai créée là bas).
>
> Peut être trouverez vous un intérêt à ce que nous
> échangions ensemble.
>
> Bien cordialement
>
> Antoine SCHAEPELYNCK

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Son projet associatif s'inscrit dans le PAL ( prestation d'animation locale) et le PAL Vaux le Pénil est adhérent à la Fédération des Centres Sociaux 77
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