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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 12:55

 Nous poursuivons notre réflexion autour de la question du logement.

Vous trouverez ci-dessous la contribution de Pierre Alain REYNAUD que l'auteur nous a autorisé à reproduire .

Vous pouvez aussi en cliquant sur le lien CDAFAL 77, présent sur notre blog, prendre connaissance d'un article écrit par un architecte, ancien élu de Chelles.

Qui pourra sauver les SDF ?                    Couverture_bd_9782858158829.jpg

Notre société devrait avoir honte ... Et en particulier les pouvoirs publics ! Les SDF ne seraient-ils pas des humains ? Doit-on les laisser mourir dans la rue ?

Après un séjour professionnel à l’étranger, je viens de rentrer en France quelques jours avant Noël. Le lendemain de mon arrivée, je suis allé comme d’habitude chez mon boulanger, puis chez mon marchand de journaux où j’ai coutume d’acheter mes quotidiens, histoire de suivre et de lire les nouvelles nationales ou locales.

Quelle fut ma stupeur d’apprendre que Bob et Heiner, deux SDF qui vivaient depuis longue date dans le quartier, étaient décédés victimes du froid.

Personnellement, je connaissais beaucoup moins Heiner que Bob. D’origine allemande, il s’absentait parfois d’une manière assez prolongée pour revoir son pays disait-il, puis ensuite revenait reprendre un jour son emplacement à l’angle du Bar-Tabacs proche de la rue Voltaire.

Par contre, j’avais une contact plus proche avec Bob, un homme de 53 ans pour qui la vie n’avait jamais bien souri. Bob était un garçon charmant, toujours souriant, malgré les affres de son existence. A plusieurs reprises, il m’avait parlé souvent de sa jeunesse, de ses parents qui l’avaient choyé jusqu’à l’âge de 12 ans, au moment de leur disparition survenue pour l’un et pour l’autre à quelques mois d’intervalle, chacun d’eux atteint d’une maladie incurable.

Bob avait fait des études d’électronique qui lui avaient permis de trouver un emploi dans une entreprise en région parisienne. Vingt trois ans passés dans cet établissement lui permettaient d’espérer une carrière complète, quand son employeur décida un jour d’arrêter toutes ses activités en France pour … s’installer à l’étranger !

C’est alors que la galère commença. Et c’est ainsi qu’il va être confronté à de gros soucis d’ordre familial : sa femme, enseignante, un peu fragile et sans doute incapable de faire face à cet accident de vie, ne supporte pas cette nouvelle situation. Elle finit par quitter le domicile conjugal pour refaire sa vie. Leur fils commun décide de suivre bientôt sa mère et Bob se retrouve alors seul dans un état dépressif extrême.

Par tous les moyens, il essaie de retrouver un emploi, mais la malchance intervenant, ses efforts restent vains. A un moment donné, ne bénéficiant plus des allocations de chômage, il doit abandonner son appartement, se retrouve donc dans la rue en trouvant refuge dans sa voiture, puis directement sur le trottoir quand son véhicule est incendié par de petits voyous de quartier.

C’est l’errance qui gère désormais sa pauvre vie. Son allocation de RMI lui permet simplement de pouvoir s’acheter un peu de nourriture, et de boire un café dans un bar où il vient de temps à autre se réchauffer. L’existence est très difficile pour lui, mais il fait preuve de courage et de volonté en voulant rester digne et soigne le mieux possible sa tenue vestimentaire.

Bob ne veut pas sombrer dans la déchéance et je l’aide du mieux possible afin qu’il garde confiance.

Pendant cette longue épreuve, nous parlions souvent autour d’un verre et j’essayais toujours de le réconforter moralement, sans oublier de lui apporter un soutien matériel et parfois financier.

Deux jours avant de partir en Chine, je l’avais rencontré et il m’avait apparu très optimiste pour la simple raison qu’il venait de décrocher un emploi de magasinier à temps complet pour le début du mois de janvier. C’était une immense joie pour lui à laquelle je m’associais largement de mon côté, tant j’avais connu sa longue misère.

Et je me souviens avoir fêté avec lui cet évènement dans un petit café-restaurant du quartier où nous avions partagé un repas très convivial autour d’une bonne bouteille de bourgogne.

Mais je ne savais pas cet instant que c’était la dernière fois que je le voyais. Aujourd’hui, l’image de cet homme souriant et plein d’espoir reste bien présente et ne pourra jamais se détacher de ma pensée et de mon cœur.

Au moment où sa vie allait changer totalement, à l’instant où un avenir meilleur était prêt à l’accueillir, Bob est mort, dans la rue, tout simplement de froid.

Oui, Bob est mort de froid et son bonheur de retrouver un jour une vie normale s’est arrêté brutalement avec son destin, dans cette terrible nuit d’hiver qui l’a enlevé à notre monde. Personne n’en a parlé, ni les médias locaux, et encore moins les médias nationaux. Quelle importance la mort d’un ou de plusieurs SDF ! Parfois, au hasard de la rue, j’ai entendu même certains individus lancer que la disparition des sans domicile fixe était salutaire pour la société ! Quelle honte dans un pays soi-disant civilisé …

Mais revenons à Bob !

Depuis, j’ai rencontré le médecin qui a constaté son décès. Il m’a précisé que son corps quelque peu fragilisé par ces années d’existence éprouvante, n’avait pu résister aux très basses températures de cet hiver particulièrement rigoureux.

Donc, Bob est mort victime du froid certes, mais surtout victime de la SOCIÉTÉ. Une société qui n’a plus guère le sens de la fraternité ni de la solidarité. Chacun pense à son bien-être et à son confort, sans se soucier de son prochain. Bien entendu, nous avons tous nos problèmes, nos contraintes, nos ennuis parfois, mais doit-on oublier pour autant ceux qui souffrent du froid, de la faim, et qui n’ont pas de logement, ou tout simplement vivent dans des habitations insalubres ?

Même s’il n’existe pas vraiment de chiffres très officiels, il faut savoir qu’il existe environ plus de 200.000 personnes SDF en France, c’est-à-dire la population d’une ville comme Bordeaux ou Rennes. Ne sont pas compris évidemment tous les mal logés dont le nombre dépasse aujourd’hui plus de 3, 3 millions d’habitants. Sans prochain effort réel de la Nation, ces chiffres ne feront qu’augmenter, et dans de telles conditions, selon prévisions relativement précises nous aurons dans une dizaine d’années soit donc aux alentours de 2020, plus de 500.000 SDF avec au moins 7 millions de personnes mal logées.

La France, Pays des Droits de l’Homme, laissera-t-elle vivre encore longtemps certains de ses enfants dans le désarroi et le désespoir ? Et nous citoyens d’une République démocratique, pouvons-nous tolérer que le Pays des Droits de l’Homme que tous nous représentons, puisse se désintéresser de tant de malheurs et de souffrances ?

Il y a quelques jours, j’ai lu dans un quotidien dans la rubrique des faits divers, une personne qui avait été condamnée par un tribunal correctionnel pour non-assistance à personne en danger. Selon les faits rapportés, le prévenu avait été trop lent (selon l’accusation) pour appeler les secours lors d’un incendie survenu dans un logement insalubre occupé par de pauvres gens. Je n’ai pas assez d’éléments pour évaluer la responsabilité de cet homme, mais quel que soit son degré, il n’est pas plus fautif que les pouvoirs publics qui abandonnent les citoyens les plus fragiles dans la misère et le dénuement.

Ainsi, l’Etat ne devrait-il pas être considéré comme responsable de la pauvreté qui sévit sur son territoire ? Ne pourrait-on pas l’assigner devant les tribunaux pour non assistance à citoyen en danger ? A vrai dire, les associations caritatives devraient intervenir beaucoup plus énergiquement pour mettre en demeure l’Etat dans son comportement irresponsable vis-à-vis des exclus de notre Pays.

Par le présent message, je tends la main à tous ceux et celles qui partagent mon opinion dans ce domaine, et je leur propose même de se rassembler pour faire progresser la lutte anti-pauvreté.

Le combat à mener sur de nombreux fronts doit rendre la dignité à tous ceux qui l’ont perdue. Coluche avait créé les « Restos du Cœur » pour une durée qui devait être provisoire. Hélas, le provisoire dure depuis 25 ans et n’est pas prêt de diminuer.

Alors, je lance un appel à tous les internautes qui liront cet article afin de trouver une solution aux problèmes des sans-abris. D’ici 5 ans, il faudrait réduire à ZEROou presque le nombre de SDF en France.

Aujourd’hui, on n’a plus le droit, ni d’avoir faim, ni d’avoir froid …

Qui sont les SDF ?

Le plus souvent, ce sont des personnes souffrant de maladies psychiques, des jeunes en rupture familiale, des travailleurs pauvres, des familles surendettées, des chômeurs de longue durée, des clandestins, mais aussi d'anciens détenus. Plus antérieurement, les sans-abris étaient surtout des hommes, mais depuis quelques années, le nombre de femmes a considérablement augmenté.

Pierre Alain Reynaud

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