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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 13:57

Ci dessous un article de notre ami Jean METREAU, administrateur à l'UDAF 77 qui explique bien des situations qui sont en passent de devenir monaie courante.
Bonne lecture et commentez si vous le souhaitez avec le lien que vous trouverez en bas de l'article.
Patrice THEVENY

 

Hébergement chez un tiers endetté de loyer

 

Le logement est devenu la pierre angulaire de la pauvreté, et se trouve de ce fait à l'origine d'un bon nombre d'entraves au développement, à l'autonomie des familles et de l'enfant.

A chaque réunion, bi-mensuelle, la commission DALO de Seine-et-Marne met à jour un bon nombre de familles en situation d'hébergement chez un tiers, ou en hébergement de fortune ; 80 à 100 enfants en sont les principales victimes. Des enfants sans repères, sans foyers propres, dont l'adresse postale mentionne "Chez ...". Des enfants qui ne sont plus des exceptions pour les enseignants des écoles des quartiers.

Les ménages hébergés sont amenés à un long parcours. Partant de l'urgence vers des solutions plus transitoires, les obligeant chaque fois à redéménager, à changer les enfants d'école ou de lieux de garde, de recréer des points de repère et cela pour des familles bien souvent déjà en crise familiale. Les enfants n'en subissent-ils point des blessures psychologiques graves ?

L'hébergement, même dans un milieu parental, est par nature invisible et pose de nombreux problèmes de cohabitation dans la vie de chaque jour. La présence d'un enfant ne fait qu'aggraver les problèmes ! Les familles ne peuvent apporter qu'un matériel réduit et sont contraintes de ne s'installer qu'avec leurs vêtements et quelques petits objets familiers. Un surpeuplement accentué, la promiscuité, le caractère précaire de la situation, les conditions de vie, sont autant de facteurs nuisibles à la santé et à l'équilibre psychologique des enfants, ne favorisant pas leur développement et leur épanouissement. Que dire, car bien souvent les familles, parallèlement à leurs problèmes de logement, connaissent ceux du chômage ?

 

Je voudrais terminer cet énoncé par deux exemples qui m'ont profondément ému.

1. Faute de trouver un logement, une mère de famille et ses trois enfants (4 ans, 3 ans et 18 mois) dorment dans un local d'à peine 4 mètres carrés. Le soir, la mère et ses trois enfants quittent l'appartement de leur voisine qui les héberge. A l'aide d'une pointe de couteau, d'un tournevis, elle ouvre la porte du local à ordures du palier, un cagibi d'environ 4 m² au 11e étage d'une HLM de Pantin. Un réduit sans fenêtre, sans aération, au sol un tapis, un matelas, une couverture, deux oreillers. Le soir, lorsqu'elle part se coucher avec ses enfants, son mari traverse tout Paris pour aller dormir dans un foyer du XIIIe arrondissement (28 stations de métro). 8 heures. La mère quitte le réduit, accompagne les deux aînés à l'école maternelle, puis revient passer la journée chez sa voisine qui l'héberge et avec qui elle partage le téléphone, la cuisine et les toilettes.

(article paru dans le Figaro du 16 novembre).

 

2. Autre exemple, celui de ce jeune homme de 15 ans vivant chez un tiers depuis 3 ans. Sans chambre pour lui, il dormait avec sa mère (38 ans) dans un lit de 1m30 de large. Celle-ci mettait un traversin entre eux deux, afin de créer une séparation, une séparation bien symbolique ! Cette situation posait problème. La honte pour ce jeune homme, la honte de dormir avec sa mère. Honte de cette promiscuité.

(ATD Quart monde).

 

Des situations comme celles-ci sont courantes, comprenez-vous ma révolte quand on apprend que des municipalités (Melun), des bailleurs des plus importants, refusent de prendre en considération toute demande de logement émanant d'un hébergé résidant chez un tiers en dette de loyer. Il en est de même avec le service logement de la ville de Melun. En quoi l'hébergé peut-il être tenu responsable de la situation débitrice de son accueillant ? Pourquoi la déclaration universelle des droits de l'Homme, la loi DALO, la loi contre l'exclusion, ne sont-elles pas respectées ?

 

Jean Métreau, administrateur de l'UDAF.

 

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