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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 09:21
Lundi 2 juillet 2007 1 02 /07 /2007 15:50

UDAF 77 – Dossier de presse

" La monoparentalité en Seine et Marne "

Objet de l’étude

L’étude consistait à faire un état des lieux sur la monoparentalité en Seine et Marne, afin d’en repérer les principales tendances et de faire des propositions d’actions. Elle a été réalisée à partir d’une étude quantitative basée sur les données existantes (essentiellement INSEE et CAF) puis d’une enquête qualitative basée sur quarante entretiens avec des personnes en situation de monoparentalité (dont quatre hommes), ainsi que dix entretiens avec des acteurs sociaux.

Le terme de monoparentalité désigne toute situation de parent adulte élevant sans conjoint un ou plusieurs enfants de moins de 25 ans, eux-mêmes sans enfant.

L’ENQUETE QUANTITATIVE

Les données INSEE permettent d’évaluer qu’en 2005, 105.353 personnes (adultes et enfants) vivaient en situation de monoparentalité, sur une population totale estimée à 1.273.267 habitants (8,27%). Les données CAF couvrent 81 % des situations et sont plus détaillées : c’est à partir de ces données que les résultats qui suivent sont présentés.

En 2005  la CAF dénombrait 32.658 familles monoparentales dans le département, représentant 85.241 personnes. En cinq ans la progression a été de 28 %.

La monoparentalité n’est pas un phénomène homogène. Il faut plutôt parler de situations de monoparentalité que l’on peut classer en trois grandes catégories qui peuvent éventuellement se cumuler ou se reproduire :

* la rupture conjugale après une période de vie commune (mariage ou vie maritale) concernait 73,7 % des situations en 2005 (soit 24.055 familles sur 32.658) avec une progression de 27 % en cinq ans. A noter que selon les statistiques nationales sur les divorces et séparations lié au mariage, dans les 3/4 des cas c’est la femme qui fait la démarche.

* le célibat réel qui se caractérise par l’abandon par le père lors de la grossesse ou à la naissance, sans période de vie commune et le plus souvent sans reconnaissance de l’enfant. Cette population concernait 18,8 % des situations en 2005 (6127 familles sur 32.658), avec une forte progression de 48% en cinq ans.

* le veuvage : représentait 7,5 % des situations en 2005 (soit 2.458 familles sur 32.658) avec une progression faible de 1,28 % en cinq ans.

D’autre part l’éloignement durable (situations empêchant depuis plusieurs années toute vie commune mais sans rupture conjugale) est impossible à évaluer quantitativement de façon spécifique, bien qu’il corresponde à des situations répondant à la définition donnée plus haut.

La monoparentalité est massivement féminine En 2005, à 92 % la monoparentalité concerne les femmes (soit 30.058 familles sur 32.658), proportion stable depuis cinq ans. Toutefois la monoparentalité, statistiquement parlant, peut masquer le fait que le conjoint reste présent, au moins à l’égard de l’enfant (dans 70% des cas selon l’INED). D’autre part il convient de rappeler qu’à 84 % les jugements confient la garde de l’enfant à la mère.

Au plan départemental comme au plan régional et national, la monoparentalité est plus importante dans les zones urbaines que dans les zones rurales. La moitié de la population de Seine et Marne est concentrée sur 11% de sa superficie : il s’agit des 16 cantons urbains de l’Ouest situés approximativement entre le Canal de l’Ourcq au Nord et la Seine au Sud ainsi que des villes de Meaux et Melun. Ces territoires concentrent 58 % des situations de monoparentalité et ont connu en cinq ans une progression (29,4 %) légèrement supérieure à la moyenne départementale. Enfin, en raison de logements plus accessibles, certains de ces territoires voient s’accroître leur population monoparentale plus que d’autres.

Toutefois l’écart entre zones urbaines et zones rurales tend à se résorber. En proportion, depuis cinq ans, quand la population couverte par la CAF a augmenté de 10%, la monoparentalité a augmenté de 2,9 % en zone urbaine et de 4,3 % en zone rurale.

L’ENQUETE QUALITATIVE

L’idée que se font les personnes de la famille est surtout liée à ce qu’elles auraient souhaité pour leur propre enfance et non à ce qu’elles ont connu. La plupart des personnes disent avoir vécu une histoire d’amour et toutes insistent sur le fait que l’enfant était désiré. Mais les plus jeunes pensent que le couple n’a pas pris le temps de se connaître et d’échanger sur leurs valeurs communes. C’est particulièrement vrai lorsque deux conceptions culturelles de la famille s’opposent au moment de la naissance de l’enfant, des relations apparemment équilibrées dans le couple peuvent alors basculer et parfois dans la violence.

 

Plus les femmes sont jeunes, plus elles décident rapidement elles-mêmes de la séparation. Là où autrefois les normes sociales liées au mariage, à la famille d’origine, aux rôles féminins et masculins tendaient à maintenir les situations dans le silence de la sphère privée, aujourd’hui la parole tend à se libérer tout comme la possibilité d’échapper à ce qui est vécu comme un enfermement.

L’enfant prend toute la place et il est aussi l’espérance de pouvoir donner ce qu’on a pas reçu. Mais face à la difficulté à tenir ce qui est perçu comme un double rôle maternel et paternel et en l’absence de relais, c’est au moment de l’adolescence que les personnes ressentent le plus de difficultés éducatives.

La plupart du temps les personnes, surtout les femmes, sont prudentes et parfois même hostiles à toute remise en couple. S’il y a relation, elle tend à se faire à l’extérieur et parfois en cachette des enfants, et souvent une nouvelle vie de couple n’est envisageable qu’après leur autonomie. Pour les femmes, très souvent, la situation monoparentale tend donc à s’installer dans la durée.

Vis à vis de l’autre parent, chaque personne est consciente de son importance dans le parcours de l’enfant, il lui laisse donc une place et aucune personne interrogée n’a affirmé refuser que l’enfant le voit tôt ou tard, même si l’enfant n’a pas été reconnu. Toutefois il est fréquent que l’ex conjoint se désintéresse des enfants, de même qu’il est fréquent que le monoparent ne fasse rien pour que le lien soit conservé, créant ainsi une sorte de statut quo.

De plus, quand elles existent, les relations avec l’ex conjoint sont rarement apaisées, même avec le temps, que ce soit pour la conception éducative, l’alternance des gardes et surtout la pension alimentaire qui est autant un enjeu symbolique que matériel et qui n’est quasiment jamais versée durablement. Souvent un " modus vivendi " tend à se mettre en place : l’abandon de réclamation de la pension contre l’abandon du droit de visite ou de garde.

Les personnes affirment à peu près toutes la volonté de s’en sortir, de ne pas être considérées comme des assistées. Pourtant, très souvent les causes à l’origine des situations de monoparentalité génèrent un effondrement économique et organisationnel qui met souvent des années à être surmonté, quand il l’est. A ce sujet la question de l’incompréhension des banques est fréquemment mise en avant et également la question du logement qui représente parfois plus de la moitié du budget global et qui de plus, pour des raisons financière, peut être situé dans des quartiers insécurisant : à la peur au quotidien s’ajoute alors la peur de voir son enfant " mal tourner ".

La plupart des personnes travaillent, c’est une nécessité autant psychologique que matérielle. Mais le travail est aussi une source de problèmes. D’abord la garde des enfants s’avère la principale préoccupation : manque de places, horaires inadaptés, territorialisation trop rigide, places en crèche inaccessibles. Puis les difficultés de transports sachant que beaucoup de femmes n’ont pas le permis de conduire. Enfin les effets de seuil qui peuvent avoir des conséquences dramatiques au regard des dispositifs d’aides, ce que le rapport Hirsch en 2005 (Commission famille, vulnérabilité, pauvreté) avait déjà mis en évidence.

Les dispositifs d’aides  sont massivement perçus comme complexes, incohérents et inadaptés à la situation personnelle. Ils sont vécus comme un puzzle que la personne doit reconstituer comme elle peut dans une période de fragilité et renvoient à une forme d’humiliation.

Toutes les personnes mettent en avant l’importance de l’environnement relationnel que ce soit pour des raisons matérielles autant que psychologiques. Inversement les personnes qui sont dans le plus grand isolement social sont celles qui sont les plus en difficultés. Le fait d’avoir pu ou de pouvoir compter spécifiquement sur telles et telles personnes est primordial : que ce soit dans la famille, parfois l’ex belle famille, souvent dans le réseau amical et le voisinage, et enfin parmi les acteurs sociaux. Ceux-ci sont considérés comme indispensables en raison de la neutralité qu’ils représentent et de l’aide qu’ils apportent face à la complexité des dispositifs, mais souvent ils sont aussi considérés comme impuissants face à l’incohérence de ces dispositifs. Enfin, même si les mentalités évoluent, les personnes expriment la difficulté de vivre dans ce qu’ils perçoivent comme une situation socialement dévalorisée.

CONCLUSIONS ET PROPOSITIONS

1/ Quelles familles pour demain ?

 

Les situations de monoparentalité s’accélèrent en France depuis une quinzaine d’années. On peut estimer qu’elles concernent aujourd’hui au moins un quart des enfants et il semble que dans l’avenir une femme sur trois sera confrontée à ce type de situation de manière plus durable que les hommes. La monoparentalité est devenue un fait social majeur (et non plus marginal) qui vient bousculer les représentations de la famille.

Il convient probablement aujourd’hui de se poser la question non pas de ce que " devrait être " la famille mais de comment mieux tenir compte de l’évolution réelle des modes de vie familiaux.

2/ Les critères d’observation et d’analyse des situations de monoparentalités semblent inadaptés et de ce fait la réponse sociale est inadaptée

Les témoignages soulignent tous le sentiment de décalage entre des réponses " prêtes à porter " et le besoin de " sur mesure " en fonction des situations. Globalement, et dès lors qu’existe une qualité d’écoute, l’action des travailleurs sociaux n’est pas mise en cause mais plutôt la complexité et l’incohérence des dispositifs qu’ils représentent et dont ils ne sont pas toujours eux-mêmes complètement informés.

Conformément à ce qui a été souligné dans le rapport Hirsch, il serait souhaitable que les Institutions sociales se coordonnent mieux sur les situations de monoparentalité, déjà à partir de critères communs, pour proposer ensuite une information homogène et limiter le nombre d’interlocuteurs.

Mais aussi, comme l’a souligné ce rapport, que les acteurs sociaux aient un nombre de personnes à suivre à échelle humaine.

 

3/ L’impact au quotidien des conditions matérielles d’existence est la première préoccupation dans les situations de monoparentalité

Lors de la séparation, l’effondrement psychologique est presque toujours associé à un effondrement économique. Massivement la question du prêt à 0% (et non l’assistanat) est une solution évoquée soit parce qu’il a permis de faire face à une situation d’urgence, soit parce qu’il aurait pu le permettre.

La CAF a déjà mis en place ce type de prêt, mais la question est de savoir si une plus grande généralisation est possible, sans doute avec des taux adaptés et peut être dans le cadre d’un partenariat public/privé.

Ensuite la question des modes de garde des enfants est la priorité majeure. Par delà la question des structures de type crèche ou halte garderie, se pose la question du développement dans un cadre organisé et sécurisé de services d’aide à la personne comme le baby-sitting.

Le logement est également une problématique récurrente à la fois financièrement mais aussi en terme de cadre de vie. En interne des questions quotidiennes de type bricolage pourraient trouver des solutions à travers le développement des services à la personne. En externe il apparaît essentiel que les bailleurs sociaux prennent en considération la double peur (pour soi et pour ses enfants) qu’engendrent certains quartiers, et dans ces quartiers, certaines localisations à risque comme les rez-de-chaussée.

Les transports sont depuis longtemps identifiés en Seine et Marne comme une difficulté majeure. Au delà des dispositifs structurels, deux aspects pourraient être améliorés : l’aide au permis de conduire (ce qui renvoie aux possibilités de prêts adaptés) ainsi que l’aide au co-voiturage.

4/ La qualité et la multiplication des différentes formes de lien social qui entourent les situations de monoparentalité est un élément déterminant qui permet de répondre aux attentes et aux besoins des personnes concernées

Plusieurs souhaits ont été émis comme favoriser des lieux de parole et d’entraide " pour pouvoir souffler ", peut être à partir des CCAS et des Centres sociaux, comme trouver des formes de relais vis à vis de l’enfant : soutien scolaire dans le cadre des services à domicile, mais aussi soutien éducatif et psychologique ou encore comme pouvoir, de façon réciproque, accueillir de temps en temps l’enfant et surtout l’adolescent dans une autre famille.

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