Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 08:53

article-FL108-DTNF-1.jpg

Le réalisateur français Nils Tavernier, auteur du film « De toutes nos forces » qui aborde le thème du handicap chez l’enfant, a accordé un entretien exclusif à « Familles Laïques ».

Un thème difficile mais fédérateur. Avec De toutes nos forces, sorti en salle le 26 mars 2014, Nils Tavernier s’attaquait à un sujet fort : le handicap chez un enfant et son impact sur la cellule familiale. Entouré par Jacques Gamblin et Alexandra Lamy, le fils de Bertrand Tavernier livre un film juste et émouvant.

Familles Laïques : Votre film  De toutes nos forces  a ému les familles qui l’ont vu. Les retours sont tous extrêmement positifs. Vous attendiez-vous à un tel succès ?

Nils Tavernier : Non, je ne m’attendais pas au succès. On va faire 700 000 spectateurs, effectivement le taux de satisfaction est énorme … Je suis ravi.

Le premier objectif était que les familles qui ont un enfant différent s’y retrouvent, ce qui était le cas le plus souvent. Mais je ne voulais pas faire un film seulement pour les parents d’enfant handicapé. Je voulais élargir le propos et là, clairement, au vu des résultats, c’est le cas. Donc nous avons touché une population de personnes non victimes de la maladie ou du handicap. Elargir le propos, c’était le vrai enjeu. Mais réussir à rassembler autant de spectateurs ? Non, je ne pensais pas. Rien qu’avec 400 000 entrées j’aurais été déjà très content. Alors là… c’est une très belle aventure.

Comment vous est venue l’idée de faire ce film ?

J’avais passé deux ans à l’hôpital Necker à Paris en neurologie car j’avais un ami victime d’une infirmité motrice cérébrale, donc je connaissais le handicap. J’étais tombé sur la famille Holt aux Etats Unis quand le gamin avait demandé à son père de participer à un « Ironman» (compétition sportive très exigeante). Des enfants à l’hôpital m’avaient emmené les voir faire du sport avec plaisir.

En vérité on ne sait pas très bien pourquoi on fait les films, on ne le sait qu’après. Mais, une chose est sûre, on fait des films pour dire aux grandes personnes de s’occuper des enfants.

La force et la détermination du jeune Fabien, victime d’un handicap, ont étonné certains spectateurs qui ont estimé que vous avez forcé le trait…

C’est faux. Déjà dans la réalité, je m’inspire d’un fait réel, un gamin qui a demandé de faire un «  Ironman » avec son père. Des enfants qui veulent faire du sport avec leur père, c’est fréquent. Ceux qui doutent de ce genre de courage peuvent aller voir les associations. Les jeunes demandent à faire des choses exceptionnelles. Je ne comprends pas pourquoi les gens pensent que c’est exagéré. Ils ne font pas confiance aux enfants, ce sont des personnes qui n’ont pas écouté les enfants. On réalise des films pour combattre ce genre de point de vue. Aller voir l’association Perce-neige et voyez ce que les enfants demandent aux éducateurs, ils souhaitent faire des choses folles ! Pourquoi un enfant n’aurait pas envie de faire des choses incroyables ? Mais il y a aussi des familles qui ne se sentent pas représentées par le film car leur enfant n’est pas touché par la même pathologie et que le papa ou l’enfant n’ont pas la même énergie. Par exemple, dans le film, Fabien n’a pas de problèmes psychologiques, ou très peu. Un enfant qui a des problèmes de relation, ce sera plus difficile d’en faire un joli film.

A Vaux-le-Pénil, nous avons un jeune homme de 18 ans qui a des problèmes de motricité des mains, il nous a fait un montage audiovisuel formidable.

Vous connaissez des exemples, j’en connais 200, on en connaît tous !

Comment avez-vous choisi les personnages ? Et notamment celui de Julien ?

Nous avons sélectionné un peu moins de 200 établissements accueillant des enfants en situation de handicap et principalement, des enfants IMC (infirmes moteurs cérébraux), j’en ai vu beaucoup, je leur ai demandé de m’envoyer des bandes vidéo d’eux pour se présenter. Quand j’ai vu celle de Fabien, je me suis dit qu’il avait une bouille d’enfer et un super sourire. Je suis allé le voir, on a effectué des essais pendant trois semaines et je lui aiarticle FL108 DTNF 2 donné le rôle, mais il a travaillé pendant quatre mois avec un coach.  Jacques Gamblin, que je connaissais bien, est un acteur formidable. Il est toujours bon, il est sportif, il peut faire passer l’émotion à travers son visage et son regard. C’est un acteur qui a besoin de très peu de texte pour faire passer les émotions. Alexandra Lamy, je ne la connaissais pas, je lui ai raconté l’histoire deux fois pour découvrir la qualité d’écoute que je voulais ressentir chez elle et ...elle est formidable !

Dernière question, quel regard avez-vous sur l’accueil des handicapés dans la société française ?

Je pense qu’il part dans le bon sens mais qu’il y a beaucoup de progrès à réaliser pour surmonter la peur due à l’ignorance. Les jeunes adultes ont un mal fou à trouver des places dans les institutions, c’est un vrai problème pour les parents. Le soin de l’enfant handicapé à l’hôpital est parfois mal abordé et les médecins ne savent pas toujours quoi faire. Ils sont très paniqués, mais cependant cela va dans la bonne direction. Je ne suis pas un spécialiste du handicap, mais voilà déjà quelques années que je fréquente le milieu hospitalier et j’ai le sentiment que ça évolue bien. Pas assez vite, mais quand même dans le bon sens.

Propos recueillis par Jean-François Chalot

 

Familles Laïques n°108 – Avril, mai, juin 2014.

Partager cet article

Repost 0
Published by familles-laiques-de-vaux-le-penil.over-blog.com
commenter cet article

commentaires

  • familles-laiques-de-vaux-le-penil.over-blog.com
  • C'est une association familiale laïque qui lie le combat social et le combat laïque
Son projet associatif s'inscrit dans le PAL ( prestation d'animation locale) et le PAL Vaux le Pénil est adhérent à la Fédération des Centres Sociaux 77
  • C'est une association familiale laïque qui lie le combat social et le combat laïque Son projet associatif s'inscrit dans le PAL ( prestation d'animation locale) et le PAL Vaux le Pénil est adhérent à la Fédération des Centres Sociaux 77

AGENDA

 

 

  -oOo-

 

PROCHAINES PERMANENCES "INFO DETTE"

  à VAUX LE PENIL

 

Vendredi 12 Mai 2017

 

    Affiche surrendetement RVB    

 

Prochaines permanences "Info dettes"

à Vaux le Pénil

 

 

Vendredi 09 Juin 2017 

 

 

 

 

 

Sinon, toute l'année,  il y a des permanences hebdomadaires à 

 Melun, Dammarie, Le Mée, St Fargeau-Ponthierry,

Renseignez vous auprès de notre secrétariat !

Qui sommes nous ?

Association fondée sur le principe de la laïcité,

intervenant dans tous les domaines

 où l'intérêt des familles est concerné.

     logo rose afl

Animée uniquement par des bénévoles, l'association propose différentes actions telles que : Accompagnement scolaire, alphabétisation, info dettes, écoute et soutien des familles, écrivains publics, informatique, échanges de savoir-faire. 

 

Surtout n'hésitez pas à nous laisser des commentaires en utilisant le lien en dessous de chaque article De même, lisez les commentaires, ils vous en inspireront peut-être d'autres Notre PAL est subventionné par la Caisse d'Allocations Familiales 77 et le Conseil Régional d'Ile de France